Demandez ce (vrai) bilan de thyroïde

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Demandez ce (vrai) bilan de thyroïde

Fatigue permanente, difficulté à démarrer le matin, prise de poids, frilosité… Et si comme plus de trois millions de Français, vous souffriez d’hypothyroïdie ? Découvrez comment repérer ce dysfonctionnement sous-diagnostiqué, décoder vos bilans et surtout, rééquilibrer durablement votre thyroïde en mêlant nutriments essentiels, plantes médicinales et traitements – quand ces derniers sont nécessaires.

D ans bien des cas, les insuffisances thyroïdiennes sont méconnues. C’est pourquoi beaucoup de gens prennent des médicaments qui traitent les conséquences de leur hypothyroïdie (antidépresseurs, anxiolytiques, antalgiques, médicaments pour le cholestérol, etc.), sans jamais en soigner la cause.

Vous l’avez compris, le manque d’hormones thyroïdiennes retentit sur tous les aspects de la santé : physique, mentale et émotionnelle. En règle générale, un traitement hormonal substitutif pris à vie permet de traiter efficacement la maladie. Pourtant, même quand il est instauré, de nombreux patients ne sont pas totalement soulagés, comme si le manque d’hormones n’était pas seul en cause…

Et si l’hypothyroïdie était un dysfonctionnement plus subtil qu’on ne le croit ? Et si chacun était différent et ne répondait pas de la même manière aux hormones ?

Et s’il existait, à côté des traitements hormonaux, des solutions naturelles pour améliorer l’efficacité des traitements, parfois les éviter et optimiser la fonction thyroïdienne ? C’est ce que suggèrent de nombreuses études scientifiques.

Des hormones capitales pour votre santé

Des hormones capitales pour votre santé
Photo : https://kaboompics.com/

Située à la base du cou, juste sous la peau et en avant de la trachée – à l’endroit où l’on boutonne son col de chemise –, la glande thyroïde fabrique et libère dans le sang les hormones thyroïdiennes.

Ces dernières agissent sur toutes les cellules de l’organisme et interviennent dans des fonctions aussi vastes que la croissance osseuse, le développement mental, la transformation des graisses et des sucres, le niveau d’énergie, la température corporelle, le rythme du cœur, le fonctionnement du tube digestif et celui de l’appareil génital.

La TSH, régulateur de votre thyroïde

La TSH, régulateur de votre thyroïde
Photo : RDNE Stock project

La thyroïde produit la triiodothyronine (T3) en petite quantité et la tétraiodothyronine (T4) en grande quantité. La T3 est la seule hormone active, alors que la T4 est une forme de réserve transformée en T3 en fonction des besoins (surtout par le foie).

Les hormones thyroïdiennes doivent être sécrétées en quantité suffisante et sans excès. C’est pourquoi il existe un mécanisme dit de « rétrocontrôle » (feedback en anglais) faisant intervenir l’hypophyse – une autre glande endocrine située dans le cerveau.

Quand les taux sanguins de T3 et T4 diminuent, cette hypophyse libère une hormone appelée TSH (Thyroid-stimulating hormone) pour augmenter leur sécrétion par la thyroïde. À l’inverse, quand les taux sanguins de T3 et T4 augmentent, la sécrétion de TSH est freinée. Quand tout fonctionne bien, 11 ce système permet de maintenir un taux optimum d’hormones thyroïdiennes dans le sang.

On comprend donc que la TSH est élevée en cas d’hypothyroïdie, et qu’elle est abaissée en cas d’hyperthyroïdie.

Ménopause : redoublez de vigilance

À la ménopause, la sécrétion de progestérone s’interrompt alors que les ovaires continuent de produire de faibles quantités d’œstrogènes. Il s’installe donc un état dit de « dominance en œstrogènes ». Alors que la progestérone facilite l’action des hormones thyroïdiennes, les œstrogènes ont l’effet inverse et favorisent un état d’hypothyroïdie sans que le fonctionnement de la thyroïde soit lui-même perturbé, la TSH restant normale. On estime qu’à 50 ans, une femme sur dix est en hypothyroïdie. Vers 60 ans, elles seraient cinq ou six sur dix et une hypothyroïdie est souvent méconnue chez des femmes traitées pour des symptômes attribués à la ménopause.

Combien d’iode, pour qui ?

Apports journaliers recommandés (AJR) en iode pour la population française – dose minimale d’iode à consommer chaque jour :

  • nourrissons (0 à 1 an): 40 µg à 50 µg;
  • enfants de 1 à 3 ans : 70 µg à 100 µg;
  • enfants de 4 à 10 ans : 120 µg;
  • adolescents: 150 µg;
  • adultes: 150 µg;
  • femmes enceintes ou allaitantes: 200 µg;
  • sportifs : 300 μg.

Avez-vous assez d’iode ? Faites ce test! Deux techniques existent pour savoir si votre apport en iode est suffisant. La méthode empirique, ancienne et peu précise, mais simple et gratuite, consiste à étaler sur un carré de peau de la teinture d’iode (disponible en pharmacie): si la tache marron disparaît en 24 h, vous manquez cruellement d’iode, mais si la tache met plusieurs jours pour être absorbée, votre corps a probablement la quantité d’iode qui lui convient !

Votre thyroïde a besoin d’être nourrie !

Votre thyroïde a besoin d'être nourrie !
Photo : Markus Winkler

Pour bien fonctionner, la thyroïde a besoin de nombreux nutriments. Ils sont essentiels pour une production optimale d’hormones actives.

L’iode : matière première indispensable Élément chimique naturel relativement rare dans la nature, les réserves d’iode dans l’organisme sont faibles et un apport quotidien est nécessaire. Car pour fabriquer les hormones thyroïdiennes, la thyroïde ne peut se passer d’iode.

Mais les besoins en iode évoluent aussi en fonction des variations climatiques, ethniques, des habitudes alimentaires et du mode de vie des individus.

Où trouver de l’iode ? L’iode se trouve essentiellement dans les produits de la mer : crustacés, coquillages, poissons de mer et algues (kelp), mais aussi dans l’huile de foie de morue, La méthode plus moderne et précise consiste à mesurer l’excrétion urinaire d’iode : une iodurie inférieure à 50 µg/1 signe une carence iodée (donc une carence d’apport) et une iodurie normale doit être supérieure ou égale à 100 µg/l.

À noter: cette carence d’apport augmente avec l’âge et concernerait 25% des personnes de plus de 60 ans. la viande, les œufs, les laitages et certaines céréales. La plupart des autres aliments en sont pauvres et, dans les légumes, sa teneur varie en fonction des sols sur lesquels on les cultive.

4 nutriments essentiels, à surveiller de près

Voici quatre nutriments essentiels au bon fonctionnement de la thyroïde. Le sélénium Comme l’iode, le sélénium est plus concentré dans la thyroïde que dans tous les autres organes du corps. Il est indispensable à la production des hormones thyroïdiennes et à la transformation de T4 en T3. Chez les personnes âgées, la diminution de la conversion de T4 en T3 est souvent due à une insuffisance en sélénium. Une déficience en sélénium aggrave les effets d’une déficience en iode sur le fonctionnement de la thyroïde. 12 Les apports journaliers recommandés (AJR) sont de 75 µg, mais ils varient en réalité de 20 à 200 μg, selon l’âge et l’activité physique.

Un adulte peut prendre sans risque 100 µg/jour de sélénium et se mettre ainsi à l’abri d’un déficit. On trouve le sélénium dans les aliments riches en protéines (viandes, poissons, œufs, céréales complètes, etc.) et dans certains légumes (champignons surtout, tomates, choux, etc.). L’aliment le plus riche en sélénium est la noix du Brésil.

Le fer Indispensable à la synthèse de l’hémoglobine, le fer l’est aussi à la production des hormones thyroïdiennes et à la transformation de T4 en T3. Les besoins quotidiens sont faibles chez l’adulte : 1 mg chez l’homme, 2 mg chez la femme.

On trouve le fer avant tout dans la viande rouge et le foie, mais aussi en bonne quantité dans les légumineuses (lentilles, haricots) et en moindre concentration dans les végétaux – la richesse en fer des épinards est une légende.

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