Les incroyables observations du Dr Bouchardat il y a 150 ans – voilà de la belle médecine !

Les incroyables observations du Dr Bouchardat il y a 150 ans – voilà de la belle médecine !

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Cher(e) ami(e) de la Santé,

Mais comment faisaient nos ancêtres sans médicament ni machine high-tech ?

C’est une question à poser aux patients du Dr Apollinaire Bouchardat.

Ce médecin visionnaire a guéri des milliers de diabétiques au 19ème siècle, par des méthodes naturelles.

Par bonheur, il a rassemblé ses secrets les plus précieux, issus de 50 ans de pratique, dans un précieux recueil intitulé : Du Diabète sucré – son traitement hygiénique, publié en 1875.

La lecture de ce petit trésor est un émerveillement continu.

À chaque page, on est abasourdi de voir à quel point les prescriptions de ce génie méconnu correspondaient aux résultats des recherches scientifiques les plus récentes.

Quel gâchis que la médecine académique l’ait laissé moisir pendant un siècle et demi sur les étagères d’une bibliothèque !

Et quel temps perdu pour les malades…

Son seul tort : guérir naturellement et sans effet secondaire

Il a fallu attendre l’année 2019 pour que des organismes de santé américains reconnaissent enfin l’intérêt de réduire fortement les glucides contre le diabète[1].

Mais ils avaient encore 150 ans de retard sur les observations du Dr Bouchardat !

Avez-vous seulement entendu parler de ce Français, bienfaiteur de l’humanité ? Je suis sûr que non. Son nom est à peine prononcé dans les écoles de médecine.

Il aurait sans doute eu droit au Panthéon s’il avait inventé un médicament brevetable.

Mais son « tort » a été de guérir les diabétiques naturellement, sans effet secondaire.

Son traitement faisait même mieux que n’importe quel médicament : dans la plupart des cas, il redonnait à ses patients une énergie et une longévité impossibles à obtenir par des moyens artificiels.

Un médecin confronté à des diabètes complexes et avancés

Je sais que cela paraît difficile à croire. Mais laissons-lui la parole :

Je n’ai pas cessé, depuis bientôt cinquante ans, de m’occuper de toutes les questions qui se rapportent au diabète sucré.

Dès le principe, laissant de côté toute théorie, j’ai voulu rechercher les causes de cette maladie redoutée à juste titre. J’ai d’abord déterminé expérimentalement l’influence des principaux aliments sur la perte du sucre par les urines qui, pour plusieurs malades, peut dépasser la quantité de cinq cents grammes dans les vingt-quatre heures.

Je dois ici apporter une petite précision médicale : le Dr Bouchardat suivait la progression de ses patients diabétiques grâce à la mesure régulière du sucre dans leurs urines.

C’est une pratique encore utilisée de nos jours, notamment en cas de diabète gestationnel chez les femmes enceintes. L’analyse d’urine a l’avantage de pouvoir être faite par le patient lui-même, tous les jours s’il le faut, et ainsi de suivre l’évolution de son état.

Mais l’analyse de sang est devenue incontournable car elle permet de détecter très à l’avance les risques de complication du diabète. Avec votre taux de « glycémie à jeun », on sait si vous vous approchez dangereusement du seuil du diabète.

En fait, on trouve du sucre dans les urines seulement lorsque le diabète est bien avancé. C’est dire si le Dr Bouchardat était confronté à des cas de diabète enracinés et difficiles à guérir !

Et pourtant, il est formel. Le diabète peut être vaincu :

Aujourd’hui, si l’on excepte la glycosurie de l’enfance (c’est-à-dire le diabète de type 1) et les complications irrémédiables, avec de la volonté, de l’intelligence et de la persévérance le pronostic est toujours favorable.

Faut-il le croire sur parole ?

Non, sans doute. Mais il faut savoir qu’il était un des médecins les plus respectés de son temps. 

Des guérisons qui n’ont rien de « miraculeux»

D’ailleurs, il n’était pas que médecin, il était aussi pharmacien. Ce qui lui a permis d’occuper l’un des postes les plus prestigieux de son époque : celui de chef-pharmacien à l’Hôtel-Dieu de Paris.

On peut donc lui accorder une confiance raisonnable lorsqu’il rapporte de très nombreux cas remarquables de guérison, comme celui-ci :

« Un pauvre ouvrier de 35 ans, vint me trouver pour me prier de faciliter son entrée à l’Hôtel-Dieu. Il était déjà depuis plus d’une année atteint de glycosurie (diabète), ses forces étaient anéanties, son appétit et sa soif excessifs. (…).

Je dis à ce pauvre malade : « Si vous m’en croyez, n’entrez pas à l’Hôtel-Dieu. Avec de grands soins, on pourra vous y soulager momentanément, mais au sortir de l’hôpital, vous ne serez pas plus avancé ».

Je lui exposais avec le plus grand soin comment il convenait de régler son régime pour le rendre efficace et économique (…).

Trois mois après, il me revint avec une santé florissante, ses urines ne contenaient plus de sucre ; huit jours de régime sévère avec l’exercice avaient suffi pour faire disparaître la glycose. Je l’ai revu après deux années, ses urines ne contenaient plus de glycose. Il se considérait comme guéri. »

Miraculeux ? Oui, mais pas mystérieux. Comme vous allez le voir, c’est par une enquête patiente et minutieuse que le Dr Bouchardat a élaboré son régime.

Il a mis le doigt sur les causes élémentaires du diabète

Très rapidement, il s’est rendu compte qu’il n’y avait rien d’accidentel dans l’apparition du diabète.

Il observe en effet que les diabétiques ont un « goût prononcé pour le pain, les autres aliments féculents et sucrés », et font un « abus de limonades, de la bière, du cidre, de fruits, de raisins, d’aliments sucrés ».

Il remarque aussi que les laboureurs et vignerons ne sont jamais atteints par le diabète.

Pourtant, leur alimentation est très riche en féculents. Mais, explique-t-il, « le travail énergique de chaque jour régularise l’utilisation complète des aliments glycogéniques ».

Cela veut dire, dans le langage d’aujourd’hui, que ces grands travailleurs « brûlent » ces aliments riches en glucides par une activité physique intense et journalière.

Autre fait significatif, il se rend compte que le diabète affecte surtout les classes aisées : ceux qui mangent le plus de nourritures sucrées, et passent l’essentiel de leur temps assis :

« Parmi les professions urbaines, celle que je trouve en première ligne dans le bilan de la glycosurie, ce sont les notaires. (…) Les notaires sont glycosuriques, parce qu’ils sont assidus à leur étude (…), puis ils sont généralement riches, et ils ne dédaignent pas une table bien servie. »

Comme d’autres médecins de son époque, le Dr Bouchardat a donc recommandé à ses patients de manger avec modération et de faire davantage d’activité physique. 

Mais son génie est venu de la nature exacte et précise des aliments recommandés et défendus.

Non seulement il a mis au point un régime efficace, mais il s’est appliqué à le rendre facile à suivre sur le long terme. Car il savait bien que, si le régime était trop contraignant, ses patients finiraient par l’abandonner.

Examinons ce fameux régime en détail.

Ses recommandations sont autant de pépites – pour les diabétiques, bien sûr, mais aussi pour tous ceux qui cherchent à perdre du poids :

Les aliments défendus : féculents, lait, boissons et aliments sucrés

Sa première règle est simple : « la suppression, ou au moins une diminution considérable dans la quantité d’aliments féculents et sucrés ».

Il demande ainsi de supprimer TOUS les féculents :

« Le pain ordinaire, composé soit de froment, soit de seigle, soit d’orge, etc. ; les pâtisseries, le riz, le maïs et autres céréales, les radis[2], les pommes de terre et les fécules de pomme de terre, d’arrow-root, les pâtes farineuses de toutes sortes, telles que vermicelle, semoule, macaroni, etc. ; les semences des légumineuses, tels que haricots, pois, lentilles, fèves ; les marrons et les châtaignes ; la farine de sarrasin. »

C’est une étape indispensable. On sait aujourd’hui que, loin d’être des « sucres lents », la plupart de ces aliments ont un indice glycémique important, c’est-à-dire qu’ils peuvent élever fortement le sucre sanguin.

L’autre interdit majeur, ce sont bien sûr les aliments sucrés :

« Je proscris les fruits sucrés, tels que raisins (qui contiennent quelquefois le tiers de leur poids de sucre), les prunes, les abricots, les pommes, les poires, les melons, les figues, et en général tous les fruits sucrés, frais ou desséchés, tels que pruneaux, raisins secs, figues, etc. et à plus forte raison les différentes variétés de confitures, les glaces, sorbets glacés, etc. »

Tous, effectivement, sont sucrés et donc à éviter. Le seul aliment qui pourrait surprendre est la pomme, qui a une charge glycémique modérée. Mais il faut garder à l’esprit que le Dr Bouchardat faisait face à des diabètes très enracinés, pour lequel toute dose modérée de sucre était un frein à la guérison.

C’est pourquoi il proscrit aussi ces autres aliments contenant du sucre : les « racines contenant du sucre de canne, telles que les betteraves, les carottes, les oignons, les raves, les navets, etc ».

Mais le Dr Bouchardat n’est pas un « idéologue » borné. C’est par l’observation qu’il a conçu son régime, et non par l’obsession de supprimer toute trace de sucre :

« Les fruits rouges, tels que fraises, cerises de toutes variétés, groseilles, framboises, mûres, berberis, etc. semblent au premier abord être plus nuisibles que les fruits sucrés car, comme eux, ils renferment du sucre et en plus des acides, dont il ne faut point abuser. Cependant, l’observation m’a montré qu’ils étaient moins à redouter que les fruits simplement sucrés que j’ai énumérés. »

Cette remarque est d’autant plus remarquable qu’il est aujourd’hui démontré que les petits fruits noirs et rouges sont bourrés d’antioxydants, qui aident à éloigner le diabète[3].

Et voici une autre recommandation sur laquelle il a eu 150 ans d’avance : celle de proscrire l’excès de lait pour les diabétiques :

« Il y a longtemps que j’ai établi que les 50 grammes de lactine d’un litre de lait pouvaient donner 50 grammes de glycose dans les urines d’un glycosurique. »

Car le lait contient du lactose, qui est un sucre. Et grâce aux moyens modernes, on sait désormais que le lait contient de l’insuline bovine et peut dérégler la capacité de l’organisme à contrôler le sucre sanguin.

Une étude suédoise récente va dans ce sens : ceux qui consomment de grandes doses de lait et de fromage ont un risque accru d’avoir le diabète (mais pas ceux qui mangent des yaourts, de la crème ou du beurre)[4].

Le Dr Bouchardat, lui, ne se fiait qu’à ce qu’il voyait sur le terrain. Exemple significatif :

« M… est âgé de quarante-huit ans ; il habite une localité voisine de la mer. Il consulta un médecin… Il lui prescrit le régime que j’ai fait connaître. Aucune amélioration. Je fis un inventaire exact de tous les aliments ingérés pendant les 24 heures. Je trouvais le régime bien réglé (…) J’eus la pensée d’interroger le malade sur la nature et la quantité de boissons, et j’appris que chaque jour, pour se désaltérer, il consommait trois litres de lait.

Je lui fis suspendre immédiatement l’usage de cette boisson alimentaire. Après deux jours de cette abstention, ses urines ne contenaient plus aucune trace de glycose. Le malade retourna dans son pays, reprit ses occupations très-actives, régla son régime avec intelligence, suspendit l’usage du lait, et sa santé devint excellente. »

Enfin, le régime du Dr Bouchardat interdit évidemment les boissons sucrées : « limonades gazeuses, vins de Champagne, bière et cidre » (aujourd’hui, il ajouterait les sodas et jus de fruits).

Au total, cela fait beaucoup d’interdits.

Mais la longue liste des aliments permis montre que ce régime n’a rien d’insoutenable.

Je vous le détaille la semaine prochaine, vous verrez qu’on peut se régaler !

En plus, le Dr Bouchardat ne misait pas tout sur l’alimentation ; il avait une autre « botte secrète » contre le diabète, à découvrir dans ma prochaine lettre.

Bonne santé,

Xavier Bazin


[1] https://www.todaysdietitian.com/adas-2019-nutrition-therapy-consensus-report/

[2] Il reconnaît que les radis ne sont pas des féculents mais il a observé un effet délétère de leur consommation chez les diabétiques.

[3] https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/20724487/, https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC10556752/

[4] https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC12107495/

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