Ostéoporose : votre protocole pour un squelette en « béton armé »

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Ostéoporose : votre protocole pour un squelette en « béton armé »

Souvent perçue comme une maladie en soi, l’ostéoporose est avant tout un facteur de risque majeur de fracture, aux conséquences parfois très lourdes. Mais bonne nouvelle : cette déminéralisation osseuse n’est pas une fatalité. Mouvement, alimentation et suppléments ciblés vous permettent de préserver, stimuler et renforcer vos os – de quoi prévenir et faire régresser l’ostéoporose, grâce aux conseils du Dr Philippe Veroli.

Une structure en « béton armé »

Une structure en « béton armé »

La solidité de l’os résulte de l’association de deux composants complémentaires.

1. La trame protéique (matrice organique), constituée principalement de collagène de type I :

  • elle représente environ 20 à 30 % du poids de l’os ;
  • elle confère à l’os sa résistance à la traction et une certaine souplesse ;
  • sans collagène, l’os serait très cassant.

2. La phase minérale, essentiellement constituée de cristaux d’hydroxyapatite (phosphate de calcium) :

  • elle représente environ 60 à 70 % du poids de l’os ;
  • ces cristaux se déposent sur et entre les fibres de collagène ;
  • ils donnent à l’os sa résistance à la compression et sa rigidité.

Une analogie classique pour la structure de l’os est celle du béton armé : le collagène joue le rôle des armatures métalliques, les minéraux jouent le rôle du béton.

Si on retire les minéraux (décalcification), l’os devient plus (trop) souple. À l’inverse, si on détruit le collagène tout en conservant les minéraux, l’os devient extrêmement fragile et se brise facilement. C’est pourquoi une DMO élevée ne garantit pas un os solide.

Dans l’ostéoporose, la perte de solidité provient non seulement d’une diminution de la quantité d’os minéralisé, mais aussi d’une altération progressive de sa microarchitecture.

Mais, même s’il est vrai que l’os devient plus fragile avec l’âge, l’ostéoporose n’a rien d’inéluctable. Elle est le plus souvent la conséquence de nombreuses années d’alimentation inadaptée et de manque d’activité physique.

Sport et nutrition : le combo gagnant

Pour une prévention optimale, associez :

1. L’activité physique, tout au long de votre vie

Ses effets multiples rendent l’activité physique indispensable à la prévention et au traitement de l’ostéoporose.

Plus de contraintes, pour plus de solidité

Lorsque vous marchez, courez, sautez ou soulevez une charge, les contraintes mécaniques provoquent de microdéformations de l’os qui stimulent la formation osseuse : l’os se renforce quand il est sollicité – tout comme le muscle, c’est la loi de l’hormèse, qui s’applique à tout l’organisme.

L’activité physique augmente l’activité des ostéoblastes (cellules qui fabriquent l’os), diminue la résorption osseuse par les ostéoclastes (cellules qui détruisent l’os) et augmente la DMO.

Renforcement musculaire : d’une pierre deux coups

À chaque contraction musculaire, les tendons tirent sur l’os et le stimulent. C’est pourquoi les exercices de renforcement musculaire sont particulièrement intéressants dans l’ostéoporose. De plus, les muscles produisent des myokines, des messagers qui augmentent directement l’activité ostéoblastique. Chez la personne âgée, la perte musculaire (sarcopénie) est fortement associée à la perte osseuse.

Mais l’activité physique régulière a aussi d’autres effets favorables :

  • elle augmente ou préserve plusieurs facteurs anaboliques, c’est-à-dire favorisant la construction osseuse et musculaire (IGF-1, hormone de croissance, myokines) ;
  • elle diminue l’inflammation chronique de bas grade qui favorise la résorption osseuse, en réduisant la production de cytokines inflammatoires (TNF-α, IL-6, IL-1β) ;
  • elle diminue le stress oxydant.

Ces effets contribuent indirectement à protéger le squelette et nous montrent que l’activité physique est un acte de régulation biologique global.

Votre meilleure arme antichute

Enfin et surtout, l’activité physique est votre meilleure arme antichute.

Optez pour une de ces 7 activités !

Voici les exercices les plus efficaces pour lutter contre l’ostéoporose :

  • très efficaces : marche rapide, randonnée, montée d’escaliers, danse, tennis, jogging léger (si articulations compatibles), exercices avec charges (musculation) ;
  • efficacité intermédiaire : vélo, vélo elliptique, ski de fond ;
  • peu efficaces : la natation et l’aquagym sont excellentes pour le système cardiovasculaire et les articulations, mais l’absence de mise en charge limite leur effet ostéogénique.

Elle réduit significativement le risque de fracture du col du fémur en améliorant l’équilibre, la coordination, les réflexes posturaux, la vitesse de marche et la force des membres inférieurs.

150 minutes par semaine, surtout après 65 ans

150 minutes par semaine, surtout après 65 ans

Les recommandations actuelles de l’OMS sont de pratiquer au moins 150 minutes par semaine d’activité physique modérée, avec 2 à 3 séances hebdomadaires de renforcement musculaire et des exercices d’équilibre 2 à 3 fois par semaine, surtout après 65 ans.

Les gains de densité osseuse restent généralement modestes (souvent 1 à 3 %), mais ils s’accompagnent d’une amélioration importante de la microarchitecture osseuse et, surtout, d’une réduction du risque de fracture, qui est le critère le plus important.

Être un ancien grand sportif ne suffit pas, car les os doivent être sollicités en permanence : il est donc indispensable de poursuivre une activité physique tout au long de sa vie !

2. L’assiette alcaline et anti-inflammatoire

Il faut avant tout comprendre que l’inflammation, même quand elle est silencieuse (inflammation dite de bas grade), nuit à la santé osseuse et augmente le risque de fracture : c’est un moteur essentiel de l’ostéoporose. De plus, le vieillissement s’accompagne naturellement d’un état inflammatoire appelé « inflammaging ».

L’alimentation anti-inflammatoire est donc un levier puissant pour lutter contre l’inflammation et préserver et renforcer les os (ainsi que la santé globale).

Mais il faut aussi respecter un bon équilibre entre les aliments acides (viandes, poissons, fromages, céréales, sel) et alcalins (fruits et légumes), car une alimentation globalement acidifiante favorise la fuite urinaire de calcium et l’inflammation de l’organisme. En effet, pour se défendre contre l’acidose, l’organisme mobilise les substances basiques dont il dispose. Or, celles-ci sont constituées des minéraux alcalins, surtout stockés dans les os, et leur prélèvement continu conduit à une déminéralisation progressive du squelette.

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