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Peut-être trouvez-vous parfois que « j’exagère ».

Que je suis « trop sévère » vis-à-vis de la Ministre Agnès Buzyn.

Que je suis trop « négatif » sur notre système de santé.

Mais je vous promets que ce n’est pas le cas.

Au contraire : je suis probablement encore trop gentil.

La preuve avec le livre choc de Claude Pigement, Levothyrox, une scandaleuse négligence.

Claude Pigement est médecin gastro-entérologue… et surtout vice-président de l’Agence du Médicament (ANSM) de 2013 à 2018 !

On ne peut pas faire plus « respectable », plus « officiel ».

Eh bien ce médecin éminent confirme TOUT ce que je vous ai dit sur le scandale du Levothyrox…

…et va même encore plus loin que moi dans sa description de notre système devenu fou !

Il montre que dans cette affaire nos « autorités » ont cherché à étouffer le scandale plutôt que découvrir la vérité.

Vous allez voir, c’est édifiant :

De la femme de ménage à l’épouse de sénateur : personne n’a été épargné par le scandale du Levothyrox

Claude Pigement commence par donner un cas concret de victime du Levothryox.

Il s’agit d’Eliane, qui prenait depuis des années le Levothyrox, ancienne formule.

Début avril 2017, Eliane commence à prendre la nouvelle formule, sans le savoir.

Immédiatement, elle est victime de nausées.

Puis, ces nausées sont remplacées par des problèmes sérieux :

  • une grande fatigue,
  • des malaises,
  • des transpirations,
  • des sensations d’oppression,
  • une perte de cheveux,
  • des fourmillements et des jambes flageolantes

Et pourtant, de façon étonnante, son niveau d’hormone thyroïdienne (TSH) est resté normal.

Eliane va mal, mais ses médecins lui disent que « tout est normal » !

En mai 2018, elle décide enfin de reprendre l’ancienne formule du Levothyrox…

…et miracle : « presque par magie, tous ses symptômes disparaissent une semaine plus tard ».

Il faut savoir qu’Eliane est la femme du sénateur Yves Daudigny, spécialiste des questions de santé…

…mais cela ne l’a pas empêchée d’être victime du Levothyrox, comme des centaines de milliers de patients !

Mais dès le début du scandale, leur souffrance a été NIÉE.

Première réaction des médecins : Il n’y a pas de scandale du Levothyrox, c’est « dans votre tête »

Je précise que ce n’est pas moi qui le dis, mais bien Claude Pigement, cet ancien vice-président de l’Agence du Médicament.

Homme de bon sens, il sent dès le début qu’il se passe quelque chose de grave avec le Levothyrox.

Début septembre 2017, il y a déjà 5 000 effets indésirables déclarés officiellement… et une pétition qui dépasse les 170 000 signatures !

« Le nombre de signalements est trop important, dit alors Claude Pigement à ses collègues, il se passe quelque chose ».

Mais les « pontes » de son entourage font la sourde oreille : « tous pensent que la situation va gentiment rentrer dans l’ordre ».

Pour eux, c’est juste un problème de « transition » entre l’ancienne et la nouvelle formule.

De fait, les médicaments contre la thyroïde sont très sensibles au dosage. Un tout petit peu trop, ou pas tout à fait assez, et vos hormones thyroïdiennes sont déréglées.

Il est donc fréquent qu’il faille adapter les doses quand on passe d’une formule à une autre.

Mais dès le départ, la nouvelle formule du Levothyrox pose des problèmes inédits :

  • Certains symptômes n’ont rien à voir avec un problème de thyroïde – comme les vertiges ;
  • Et chez beaucoup de victimes, les hormones thyroïdiennes sont « normales » !

Il était donc clair que ce n’était pas seulement un problème de transition.

Et pourtant, les médecins ont d’abord déclaré que c’était « dans la tête » des patients.

Écoutez le cri du cœur de la célèbre actrice Annie Duperey, dès le 4 septembre :

« Je suis particulièrement révoltée lorsque j’ai lu des propos dans le style ‘tout changement est anxiogène…’ comme si nous étions des imbéciles influençables, des faibles d’esprit prêts à se faire des idées pour un rien. C’est insultant ».

Et le pire, c’est que beaucoup de médecins ont persisté dans cette attitude !

Malgré les rapports, les grands « pontes » parlent d’effet nocebo et non de scandale du Levothyrox !

Dès le 11 octobre, le premier rapport de l’ANSM confirme la gravité de la situation :

D’abord, le rapport parle de 15 000 signalements jusqu’à mi-septembre, dont 5 000 considérés comme « graves » – un nombre « inédit ».

Comme le dit Claude Pigement, s’il y a 15 000 signalements, cela veut dire qu’il y a encore beaucoup plus de victimes :

« Ces personnes assez informées et équipées pour aller jusqu’au signalement cachent forcément toutes celles qui n’ont pas d’accès au numérique ou qui ignorent entièrement que de tels dispositifs existent, ce qui est le cas d’une partie de la population que je reçois à la polyclinique d’Aubervilliers.

À ce phénomène s’ajoute aussi une sous-déclaration des effets indésirables par les médecins car ceux-ci, pour de bonnes ou mauvaises raisons, ne veulent pas s’encombrer d’une paperasse supplémentaire ».

Au total, pour Claude Pigement : « Ce chiffre de 15 000 paraît à la fois énorme, puisqu’il est inédit de l’aveu même des auteurs du rapport, et très en dessous de la réalité ».

Autre révélation du rapport : 44 % des victimes d’effets indésirables ont des niveaux normaux d’hormones thyroïdiennes (TSH).

La thèse de la « transition difficile » est donc indéfendable !

Comme l’explique Claude Pigement :

« Un mois plus tôt, Agnès Buzyn affirmait que ‘beaucoup de ces effets secondaires sont liés à la difficulté à redoser correctement le Levothyrox, mais ils s’estompent quand on arrive à bien doser le traitement’.

Désormais, toute cette explication s’effondre.

Une proportion proche de la moitié des malades souffrant de la nouvelle formule a une TSH absolument stable, et c’est incompréhensible.

Cette crise devient alors scientifiquement inexpliquée ».

Malheureusement, chez nos « grands pontes », scientifiquement inexpliqué veut dire… que c’est dans la tête des patients !

C’est ce que Claude Pigement raconte dans un chapitre sidérant nommé « l’offensive des sachants ».

Il cite une tribune sidérante, publiée dans le journal Le Monde par les plus grands experts des hormones en France (les « endocrinologues »).

Nous sommes le 29 décembre, et ces grands pontes évoquent leur « vraie frustration » face à cette crise « invraisemblable ».

Pour eux, la seule explication possible des effets indésirables du Levothyrox est « psychologique » :

« Nous pensons que les symptômes rapportés témoignent essentiellement d’un effet nocebo. Tout était réuni pour créer suspicion et angoisse ».

Ainsi, pour nos experts distingués, les patients se sont « monté le bourrichon » : ils ont entendu dans les médias que le médicament posait problème… et cela a suffi à provoquer chez eux des effets indésirables !

Évidemment, cette « explication » est invraisemblable.

Comme l’explique Claude Pigement, l’explosion des signalements a eu lieu avant que les médias n’en parlent !

« Il n’a donc pu y avoir aucun effet de panique lié à la caisse de résonance médiatique du sujet car, avant le 16 août, aucun quotidien, matinale, radio ou 20 heures n’avait évoqué le sujet.

L’effet nocebo ne peut pas correspondre non plus aux malades qui ressemblent à ma patiente octogénaire d’Aubervilliers, c’est-à-dire tous ceux qui échappent complètement au monde de l’information et qui ont ressenti des effets pervers sans même soupçonner le Levothyrox – dont ils ignoraient largement le changement de formule. »

Bref, l’explication de nos experts n’est pas seulement insultante pour les patients – elle est évidemment fausse.

Et pourtant comme le dit Claude Pigement :

« Ces personnalités ne sont pas n’importe qui dans le monde de la santé.

Ils sont les PU-PH, ces ‘professeurs des universités-praticiens hospitaliers’ qui constituent la crème de la crème de la médecine française’.

Les grands professeurs parisiens forment l’élite de l’élite car leur pouvoir est médical, mais aussi politique – ils ont souvent accès au pouvoir politique, de gauche comme de droite ».

Problème, ces grands « sachants » n’aiment pas les mystères médicaux : dès qu’un phénomène échappe à leur compréhension, ils font « comme si le problème n’existait pas ».

Plus grave : ces pontes sont les médecins les plus « arrosés » par l’argent de l’industrie pharmaceutique (je vous renvoie à ma lettre récente sur le sujet).

En l’occurrence, « trois des cinq cosignataires de la tribune ont déjà travaillé avec des laboratoires qui sont positionnés dans les pathologies de la thyroïde ».

Bref, par orgueil et par intérêt bien compris, ces « pontes » disent qu’il n’y a pas de problème.

« Cet aveuglement, qui s’enracine dans les rigidités psychologiques comme dans les liens d’intérêt s’est déjà observé dans le cas des pilules de troisième et quatrième génération, mais aussi pour le Mediator », rappelle Claude Pigement.

« Circulez, il n’a rien à voir », disent les grands Professeurs.

Et le pire, c’est que nos politiques et bureaucrates font la même chose :

L’Agence du Médicament cherche à étouffer la vérité sur le scandale du Levothyrox!

Je le répète : l’auteur du livre était vice-président de l’Agence du Médicament.

Il est donc aux premières loges pour révéler que l’Agence n’a rien fait pour chercher la vérité !

Nous sommes le 30 janvier 2018, et un nouveau rapport confirme l’étendue du problème.

On parle cette fois de « 10 décès » pour lesquels « on ne peut pas retenir ou exclure formellement le Levothyrox nouvelle formule ».

Surtout, le rapport révèle que la proportion de victimes qui ont des niveaux normaux d’hormones thyroïdiennes (TSH) est de 67 % – encore plus que les 44 % avancés initialement.

Bref, le « mystère médical » est confirmé, et il est donc urgent de faire des études poussées pour comprendre ce qui s’est passé. 

Claude Pigement lui-même cherche à lancer une étude officielle, mais il est mis en minorité par les autres dirigeants de l’Agence du Médicament !

Résultat : aucune enquête n’est lancée.

« Agnès Buzyn reste silencieuse. L’Agence du Médicament aussi.

Ignorent-ils les conclusions des deux rapports de la pharmacovigilance parce qu’ils ne les ont pas lus, parce qu’ils craignent les éventuelles conséquences d’une enquête scientifique ? »

Plus grave encore : l’Agence du Médicament refuse de rendre public le rapport de 2012 qui avait servi de justification au lancement de la « nouvelle formule ».

Comme s’il y avait quelque chose à cacher dans cette histoire !

Pendant que nos autorités cherchent à étouffer la vérité, les associations de victimes, elles, remuent ciel et terre, avec leurs maigres moyens.

En mai, on apprend que le nouveau Levothryox contiendrait des nanoparticules – grâce à une étude lancée par l’association des malades de la thyroïde (AFTM).

Un mois plus tard, la même association dévoile une étude qui pointe la « présence anormale de dextrothyroxine » dans la nouvelle formule.

À chaque fois, le laboratoire Merck nie en bloc… et se voit conforté par le silence de nos autorités.

Il faut réaliser l’absurdité de la situation.

L’affaire du Levothyrox est une crise sanitaire grave, qui a défrayé la chronique… et nos autorités de santé restent les bras croisés, sans chercher à savoir ce qui s’est passé !

 « Que des associations se substituent aux autorités compétentes pour réaliser des études trahit l’anomalie de la situation », explique Claude Pigement.

Pour couronner le tout, le laboratoire Merck fait tout pour cacher quand et comment a été fabriquée cette nouvelle formule.

Pour Claude Pigement, cela « renforce l’impression de cadavres encore cachés dans l’armoire », car cela « accrédite l’allégation selon laquelle l’industriel a fait modifier en secret la composition de la nouvelle formule pour en supprimer les effets pervers. »

Mais nos autorités continuent d’être complices !

Tenez-vous bien :

Le 4 septembre 2018, lorsque l’Agence du Médicament publie le document officiel « d’autorisation de mise sur le marché » de la nouvelle formule…

…elle se permet d’effacer des informations essentielles, notamment le lieu de production et le nom de l’entreprise qui fabrique la nouvelle formule !

« Le journal en ligne Les Jours affirme que l’agence a volontairement attendu l’entrée en vigueur de la loi sur le secret des affaires pour se donner le droit de caviarder ces informations.

Leur suppression rend impossible d’étudier la traçabilité du Levothyrox dans les pharmacies – associations et avocats cherchaient alors à connaître le lieu de fabrication de la nouvelle formule, avançant que celle-ci pourrait être faite à partir d’une substance active frelatée produite en Asie.

Une fois de plus, l’impression que les autorités utilisent le secret des affaires pour défendre le laboratoire est désastreuse ».

Et croyez-vous que le Parlement fait contrepoids à ce que cache notre Gouvernement ?

Pas du tout !

Certains députés et sénateurs courageux ont bien proposé de lancer une commission d’enquête parlementaire sur le Levothyrox… mais ils ont été mis en minorité par leurs collègues.

Résultat : on ne connaîtra sans doute jamais la vérité.

Le laboratoire Merck peut dormir tranquille.

L’Agence du Médicament aussi, elle qui a demandé cette « nouvelle formule » sans raison valable.

Quand je vous disais que je n’exagérais en rien la folie de notre système !

Sources :

Livre : Levothyrox une scandaleuse négligence, écrit par Claude Pigement – éditions l’Archipel

88 commentaires

  • Magnin dit :

    Bonjour
    Comme beaucoup de personnes utilisant le Levothyrox j’ai eu des désagréments avec la nouvelle formule.
    J’ai demandé à mon médecin de me prescrire un autre médicament disponible sur le marché. Depuis tous les symptômes désagréables ont disparu.
    Alors pourquoi s’obstiner à se faire prescrire le Levothyrox. En se détournant de ce médicament n’est ce pas la meilleure façon de porter atteinte au laboratoire qui le fabrique ?
    Bien cordialement

  • Richard dit :

    J ai été en Suisse acheter du levothyrox ancienne formule, mais le temps passe vite et j arrive au bout. Et là j ai vraiment peur de reprendre la nouvelle formule, car j ai eue bcp d effets secondaires, entre autre les muscles des cuisses qui me faisais terriblement mal, au point de ne plus pouvoir me lever sans aide. ?. Je ne sais plus quoi faire je suis perdue ? C une honte de voir que notre ministre ne prenne pas nos paroles, nos plaintes aux sérieux ? Il y a trop de pognon en jeu ?? Je suis dégouté

  • DARRIEUX dit :

    Bonjour Monsieur Bazin,
    Depuis la nouvelle formule, mon Épouse à exactement les mêmes symptômes qui perdurent. J’ai demandé à plusieurs reprise à son médecin traitant de lui prescrire la « L’Tiroxine » mais sa phrase «  il faudra refaire des analyses » mais ce n’est pas urgent. Cela dure depuis la nouvelle formule et j’essaye d’avoir un rendez-vous chez une Endocrinologue mais c’est très long et ce malgré une demande faite par son Cardiologue pour « accélérer un R.V.
    Que Faire? Pourquoi il n’y a pas une PÉTITION à l’échelle Nationales ? Madame la ministre de la santé est une incapable à la botte des laboratoires.
    Bien Cordialement à vous M. Bazin

  • lethoor h dit :

    ministre de la santé ! non la seule chose qui l’intéresse c’est l’argent .la souffrance des personnes elle n’en a rien à faire écœurant ce monde qui ce pensent Supérieur désolant. Merci à toutes ces personnes qui luttent pour nous cordialement.

  • Gdiri dit :

    Bonjour je fais partie de ces personnes qui ont gardé leur taux de tsh mais j ai souffert de vertiges perte de cheveux perte de mémoire bouffée de chaleur et j ignorai le changement et mon pire symptôme c était ces douleurs extrêmes au cœur, quand J ai dit à mes collègues j ai très très mal au cœur la collègue qui prenait levothyrox m’a informé de ce changement, je n ai rien signalé car entre fatigue enfant en bas âge et travail j avais pas le temps qu’à d j ai voulu porter plainte c était compliqué il fallait réunir pleins de preuves et les médecins protègent les lobbys bref je suis repassé sur ancienne formule plus de dlouleur au cœur des le deuxième jour je suis perdus ade que si j étais resté sur la nouvelle formule j aurai fait une crise cardiaque , j ai dévalisé la Tunisie avec l ancienne formule quand on ne trouvait pas encore l euthyrox , tout allait bien et un jour j ai pu prendre euthyrox j ai du mélanger Ancienne formule de Tunisie et euthyrox car on trouvait pas toujours les bons dosages , mais le plus bizarre à ce ce mélange la tsh s est déréglé et quand récemment je ai du passer sur la formule russe car on ne trouvait plus rien ici alors le mélange euthyrox Russie et France j ai été au plus mal des douleurs musculaires énormes , je. Suis passée démesurée l thyroxine depuis 10 jours pour l instant ça va , bref j ai l impression que même pour chaque pays la formule de l ancienne n est pas la même …pour quoi ma tsh aurait changé pourquoi ces douleurs avec la formule russe? C’est mon histoire c’est la première fois que je l écris

  • Anne dit :

    Sommes nous juste du bétail pour ces laboratoires ? J ai subi tous les symptômes pendant 9 longs mois. Personne ne m à prise au sérieux. L on m à dit qu il fallait un temps d adaptation car le médicament était le même. 9 mois malade comme un chien à tel point que j ai supplié le médecin de me faire une ordonnance pour prendre mon cachet dans un autre pays. Dès le premier cachet j ai senti le changement, moins de vertiges, moins de palpitations, moins de courbatures, moins d insomnies… Aujourd hui je prends toujours mon cachet ailleurs qu en France et heureusement car je ne Sais pas dans quel état je serais.

  • Denise dit :

    Pénurie de euthyral et des autres médicaments pour la thyroïde. Ou alors à des prix très élevé et non remboursé. Un laboratoire de complément alimentaire à été obligé d’arrêter de vendre ses compléments alimentaires et cela me met dans l’embarras aussi. Une belle manipulation de masse ça fait peur!!!

  • Uschi Pergande dit :

    “Mais dans les autres cas les médicaments ne sont pas toujours nécessaires. Des solutions naturelles existent contre l”hypothyroïdie.”
    Lesquels? A ma connaissance il n’y a que l’extrait d’hormone porcin qui est interdit en France.

  • ARMAND RUDE dit :

    Ci-dessous, extrait de mon courrier associé à mon dépôt de plainte via l’Association Française des Malades de la Thyroïde (AFMT).

    Sous prescription de 100µg de lévothyrox et ¼ de 25µg en période de froid depuis août 2008 où j’ai subi une thyroïdectomie totale pour goitre multi nodulaire.

    Ces nodules ont été découverts fortuitement, à la suite d’un doppler préopératoire à la pose d’une prothèse totale de hanche.
    Le cardiologue m’a informé qu’au vu des nodules supra centimétriques, il serait préférable de faire des examens complémentaires et de s’occuper de cela en tout premier lieu.
    Suite à divers examens dont une cytoponction, la lecture des lames a révélé un cancer agressif ; j’ai quand même été préalablement opéré de la hanche en mars 2008, ne pouvant plus différer celle-ci, la douleur étant telle qu’il m’était impossible de faire quoi que ce soit, tant en termes professionnels que dans la vie quotidienne, ayant attendu beaucoup trop longtemps avant de prendre cette décision.
    Jusqu’au mois d’avril de cette année 2017, je bénéficiais d’un système endocrinien équilibré, grâce à la connaissance que j’ai acquise des symptômes de l’hyper ou de l’hypothyroïdie et je pouvais ainsi, en fonction des saisons et de la température, équilibrer mes prises de lévothyrox, entre 100µg tous les jours et + ¼ de 25µg en fonction des circonstances.
    Il me souvient, que je pourrai aujourd’hui qualifier ces temps malheureusement révolus, de ‘’belle vie’’ !

    C’est au cours d’un renouvellement d’ordonnance, que je m’aperçois que l’emballage du lévothyrox a changé, mais le pharmacien me dit qu’il ne s’agit que du ‘’packaging’’… je réponds que peu m’importe, tant qu’il y a de la lévothyroxine…
    Simple bon sens, ne pouvant un instant penser que l’on me fournisse une autre formule, sachant que ce produit a une marge thérapeutique très étroite et qu’il est bien précisé sur l’ordonnance qu’il est non substituable.
    Je ne savais pas encore que ma vie allait basculer et que tout ceci aurait un rapport avec la prise de cet indispensable substitut thyroïdien…

    Depuis le mois de mai et ce jusqu’à début octobre où j’ai pu bénéficier de l’importation d’Euthyrox, j’ai souffert continuellement de crampes, particulièrement sévères la nuit mais pouvant toutefois survenir à tout moment de la journée, particulièrement au volant, ce qui était potentiellement très dangereux et je devais parfois m’arrêter d’urgence pour marcher, piétiner et me tordre dans tous les sens pour que cela cesse.
    Ceci était le pire de la douleur et je ne dormais guère plus de trois heures fractionnées par nuit en raison des fréquents levers pour marcher, étendre et masser les muscles des jambes, tout en me contorsionnant dans tous les sens pour échapper à ces tortures.
    Je n’ai jamais eu ceci avant et n’étant pas coutumier du fait, je buvais beaucoup d’eau dans l’espoir d’arranger les choses, puisque l’on dit que cela peut avoir un rapport avec la déshydratation.
    Rien n’y a fait et ces mois ont été terribles.
    J’avais la tête constamment prise dans un étau, ceci sans rémission pendant tous ces mois, alors que je ne savais pas ce que voulait dire migraine, céphalée, etc.
    J’ai eu en permanence les muscles des bras et des jambes très tendus et douloureux, des pertes d‘équilibre, jusqu’à des déplacements nécessitant le recours à l’étiopathie pour les vertèbres lombaires, les bras, les genoux, les coudes.
    Faut-il préciser que toutes mes articulations étaient douloureuses en permanence et que sans exagérer, je vais bientôt avoir soixante dix ans, j’avais l’impression que c’étaient mes quatre vingt dix ans qui m’étaient tombés dessus, en l’espace de quelques jours.
    Je ne veux pas omettre les démangeaisons ressenties, la mémoire fuyante et aléatoire, ce sont les adjectifs qui me semblent le plus appropriés à décrire ce symptôme.
    Il y en a eu tant, que ce petit mot ne peut pas prétendre à l’exhaustivité, mais donne certainement une idée de ce que j’ai pu endurer.
    J’oublie aussi l’attrition des fonctions lacrymales et salivaires, parmi tant d’autres…
    En effet, j’ai subi en 2011 une parotidectomie droite avec lambeau de SMAS (Système Musculaire Aponévrotique Supérieur), et suite à cette intervention, il m’a fallu quelques mois de traitement pour récupérer la fabrication de larmes pour irriguer l’œil droit, mais le changement de formule du lévothyrox m’a de nouveau desséché cet œil.
    J’ai dû reprendre des larmes artificielles, car c’était très handicapant et inconfortable.
    Pendant la canicule cet été, dans la région lyonnaise, je frissonnais parfois et il m’arrivait de claquer des dents au sens propre, alors que le thermomètre indiquait plus de 30° !
    J’ai aussi eu des suées nocturnes, sans que rien à ma connaissance ne puisse le justifier…
    Une dernière chose dans cette énumération que je rappelle non exhaustive, j’avais le moral au plus bas de tout ce que j’ai pu ressentir jusqu’à présent, et j’étais pratiquement tout le temps triste et neurasthénique, mais j’attribuais cela au manque de sommeil, ce qui était bien pratique, car je ne comprenais vraiment pas pourquoi j’étais soit très angoissé et à cran, sans raisons apparentes, malgré tous mes efforts pour comprendre ce qui m’arrivait, voire très ‘’légume’’ à d’autres moments.
    Je ne voudrai pas terminer, sans préciser que j’ai appris fortuitement par les média, pourquoi je ressentais si durement et cruellement ces phénomènes de ma propre obsolescence, que je n’avais ni souhaités ni demandés.

    Je ne remercierai pas l’ANSM (Agence Nationale de Sécurité du Médicament), de nous avoir sciemment et méticuleusement programmé cet enfer, bien que pavé à ses dires de bonnes intentions, avec un si stupéfiant et péremptoire aplomb, preuve flagrante et avérée de son immense impéritie.
    Je n’avais pas besoin, pardonnez-moi le terme populaire, mais si le chef de l’Etat se le permet, je pense légitiment avoir le droit de l’employer moi aussi, que l’on ‘’foute le bordel’’ dans tout mon organisme et mon système endocrinien.
    Bien que populaire, ce terme n’est pas encore assez fort pour exprimer mon désappointement et ma sidération, quant au cynisme dont les responsables de ce nouveau scandale sanitaire ont fait preuve.
    J’ai bien compris pourquoi en raison du secret médical, les plaintes seront individuelles et jointes à une plainte générale pour atteinte à l’intégrité d’autrui, tromperie aggravée par une atteinte à la santé, non-assistance à personne en danger et mise en danger de la vie d’autrui.
    Vous nous invitez à citer dans notre lettre-plainte les 4 infractions, ou de faire un choix parmi celles-ci.
    Je pense qu’au regard des maltraitances ressenties dans mon corps et mon moral, vous ne vous étonnerez pas que non seulement je choisisse les 4, mais je me demande si l’on ne pourrait pas parler en cette matière, étant donné le déni avéré des autorités médicales, d’une association de malfaiteurs en bande organisée ? Je suis, nous sommes, le ou les pots de terre contre le pot de fer…

    On sait bien comment cela se termine, aussi voudrai-je porter à votre connaissance que je ne fais pas ceci pour obtenir le moindre dédommagement d’ordre pécuniaire, mais la reconnaissance des faits, le retour permanent de l’ancienne formule du lévothyrox, sous quelque nom commercial que ce soit, pour ceux qui en ont besoin et de nous laisser le choix de ne plus souffrir en testant d’autres ‘’spécialités’’, concoctées dans le secret de ces officines pharmaceutiques industrielles, par des apprentis sorciers, dont seuls les profits qu’ils pourraient en tirer les anime.
    La confiance est rompue et me parait irrécupérable, entre le déni et l’obstination effrontée de certains représentants des autorités de santé ; heureusement que quelques-uns d’entre eux ont admis qu’il y avait matière et tiennent un discours de franchise, quoiqu’en dise la doxa ‘’médicalement correcte’’ et autorisée !

    Me voici partiellement soulagé d’avoir exprimé tout ceci sur papier, cela devrait accélérer ce que j’appellerai la convalescence, car bien que la reprise de l’ancienne formule ait dès les premières quarante huit heures, atténué grandement les symptômes, je m’en sors épuisé, vieilli, usé et fatigué, heureux toutefois de penser que maintenant, je vais pouvoir reprendre du poil de la bête, lentement, très lentement sans doute, mais je le souhaite si vivement, sûrement !

  • Parle Claude dit :

    J’ai eu, en effet qq pb de santé qui se sont progressivement installés d’où une difficulté majeure pr découvrir l’origine ds troubles …
    Alerté par ce pb du Lévothyrox NF, g essayé une substitution avec la L-Thyroxine k l’on peut se procurer facilement & ki me donne satisfaction.
    (L-Thyroxin Henning)

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