Et si vieillir, c’était dans la tête ?

Connaissez-vous l’artiste américaine Béatrice Wood ?

Elle a quitté ce monde récemment, après avoir vécu pas moins de… 105 ans !

Sa jeunesse, c’était avant la première guerre mondiale… à l’époque, elle faisait les 400 coups avec l’artiste français Marcel Duchamp.

Arrivée à l’âge de 100 ans, elle a expliqué à des journalistes : « Je suis d’un certain âge à vos yeux, mais, Dieu merci, en ce qui me concerne, j’ai seulement 32 ans ».

Ce n’était pas pour se « vanter ». Elle est vraiment restée jeune dans sa tête jusqu’au bout.

Elle s’est d’ailleurs mise à l’informatique… à l’âge de 90 ans ! Et quand on lui demandait le secret de sa longévité en si bonne santé, elle répondait avec humour : « le chocolat et les hommes jeunes ».

Beatrice Wood n’est pas une exception.

La plupart des centenaires ne se sentent pas usés, épuisés et encore moins décrépis.

Comme dans ce témoignage d’un autre centenaire, ils se sentent souvent jeunes dans leur tête et leur cœur : [1]

« Au fil des ans, j’ai été surpris lorsque, apercevant à l’improviste une image de moi-même en passant devant une vitrine ou devant une glace, je constatais combien j’avais l’air vieux ; mais à l’intérieur, je me sentais presque pareil. Je ne sentais pas mon âge chronologique, et je ne le ressens toujours pas. Je me sens jeune à l’intérieur. Quel âge ai-je dans ma tête ? Autour de la trentaine.  Je ne pense pas m’être déjà senti comme une personne âgée de 50 ans. »

Et ne croyez pas que ces centenaires se sentent jeunes « simplement » parce qu’ils ont eu la chance de bien vieillir.

En fait, c’est surtout parce qu’ils se sentent jeunes dans leur tête qu’ils vieillissent si bien !

Si vous avez du mal à le croire, je vous invite à découvrir l’expérience sidérante de la « Counterclockwise Study ».

Une machine à remonter le temps !

C’est une psychologue de l’Université de Harvard qui l’a organisée en 1981. [2]

Huit hommes de 75 ans en moyenne ont été emmenés dans un monastère pour une retraite de 5 jours.

Ce n’était pas pour vivre une expérience religieuse… mais pour essayer de remonter le temps.

Sur place, tout était organisé pour leur faire ressentir qu’ils étaient revenus 22 ans en arrière, en 1959 : les meubles, l’ambiance et même la nourriture étaient d’époque !

Les participants pouvaient lire des revues parues cette année-là, regarder des émissions de télé populaires de ce temps… Ils étaient même incités à discuter d’évènements « récents » comme la prise de pouvoir de Fidel Castro à Cuba.

Bref, tout était fait pour que ces hommes s’imaginent qu’ils avaient vraiment rajeuni de 22 ans. Et ils avaient pour consigne de s’imaginer activement qu’ils étaient bien revenus en 1959, avec un corps et un esprit plus jeune.

A la fin de l’expérience, les chercheurs leur firent faire une batterie de tests, et ont comparé les résultats à un groupe témoin, qui avait vécu la même retraite sans faire semblant d’être jeune.

Et les résultats furent stupéfiants :

Ils avaient vraiment rajeuni !

Leur corps était devenu plus jeune, en seulement 5 jours !

Ils avaient gagné en taille, grâce à une meilleure posture. Leurs articulations étaient devenues plus souples et les douleurs articulaires étaient moins prononcées.

Ils voyaient mieux, entendaient mieux… et avaient même une meilleure mémoire.

Leurs résultats à des tests cognitifs étaient améliorés de 63 % par rapport aux tests passés 5 jours plus tôt !

La directrice de l’étude raconte même que certains avaient abandonné leur canne pour jouer au rugby – un rugby sans plaquage, mais tout de même !

Il n’y a pas de doute : vieillir en bonne santé, cela se passe aussi dans la tête.

Le premier secret, vous l’avez compris, c’est de rester jeune intérieurement.

Mais ce n’est pas le seul : l’autre attitude fondamentale pour bien vieillir, c’est de voir la vie du bon côté.

Voir le côté ensoleillé de la vie pour rester jeune et en bonne santé

Toutes les études sur les centenaires leur ont trouvé ce point commun : ceux qui vivent mieux et plus longtemps sont presque toujours des optimistes.

Loin du cliché des vieillards aigris et gâteux, les centenaires voient la vie du bon côté : plutôt que d’envisager les pires scénarios en permanence, ils sont confiants dans leur capacité à rester en bonne santé à l’avenir, quel que soit leur âge.

Cela rejoint les conclusions de nombreuses études médicales :

  • Les optimistes sont physiquement et mentalement en meilleure santé que les pessimistes : ils ont moins de douleurs, se sentent plus énergiques… et plus heureux ; [3]
  • Les optimistes vivent plus longtemps que les pessimistes, d’après une étude réalisée sur 30 ans et ayant suivi 800 personnes !) ; [4]
  • Et les plus de 50 ans qui nourrissent une attitude positive à l’égard du vieillissement vivent en moyenne 7 ans de plus que ceux qui en ont une image négative !

Dans cette dernière étude, une attitude positive envers la vie a plus d’impact sur la santé que la tension artérielle, le tabagisme et l’activité physique ! [5]

Pour ceux qui ignorent tout du pouvoir de l’esprit sur le corps, cela paraît incroyable.

Mais l’optimisme a bien un impact biologique puissant, comme l’a montré une expérience fascinante réalisée par l’Université de Toledo.

L’effet biologique de l’optimisme sur vos organes

Des chercheurs ont fait passer un questionnaire à des volontaires et les ont séparés en deux groupes : les « optimistes » et les « pessimistes ».

Ils ont donné à tous les participants une gélule « placebo » (contenant simplement du sucre), en leur expliquant que c’était un médicament et qu’ils ressentiraient une forme de malaise après l’avoir avalé. [6]

Résultat : les pessimistes se sont sentis nettement moins bien que les optimistes.

Puis, les chercheurs ont donné aux deux groupes un nouveau placebo, en leur expliquant que la pilule allait les aider à dormir. [7]

Et les optimistes ont objectivement mieux dormi que les pessimistes !

Vous percevez la puissance guérisseuse de l’optimisme ? Non seulement voir la vie en rose vous protège contre des effets « psychosomatiques » indésirables… mais cela conduit votre cerveau à fabriquer naturellement des substances qui vous font aller mieux !

Quand on s’attend au pire, notre corps se prépare au pire… et quand on s’attend au meilleur, notre corps l’anticipe positivement et le renforce !

Voilà pourquoi les centenaires sont optimistes, en plus de se « sentir jeunes ».

Mais un troisième ingrédient est peut-être tout aussi essentiel pour bien vieillir :

Ne perdez jamais votre intérêt pour la vie !

A chaque âge, il est également capital de conserver l’intérêt pour la vie que l’on mène.

Le naturopathe Robert Masson explique bien les risques du « désintérêt » :

« Une retraite sans attrait, l’idée d’une vie qui n’en vaut pas la peine, la pensée que tout se dégrade, que tout est « pourri », qu’il vaut mieux laisser aller, que l’on a assez vu ou trop vu, que l’on a fait sa part, que l’on est trop vieux maintenant, que le temps des luttes est fini… tout cela porte un nom, le désintérêt.

Or si l’on se désintéresse de la vie, la vie se désintéresse de vous. Et cet esprit et ce corps qui s’estiment inutiles le deviennent effectivement. Le corps, cet habitacle de l’esprit, n’a plus sa raison d’être, il vieillit à vitesse grand V ».

Il ne suffit pas de se penser jeune et regarder la vie du bon côté : il faut activement conserver un « intérêt », un but et un idéal à conquérir, même après 100 ans.

Continuer ses passions, goûter de nouvelles connaissances, chérir un grand amour, pratiquer une activité créatrice, voilà des secrets au moins aussi puissants pour bien vieillir qu’une alimentation équilibrée !

Alors je sais bien que tout ceci est beaucoup plus facile à dire qu’à faire.

Mais des choses simples peuvent suffire pour prendre la bonne direction !

Je vous ai expliqué dans une autre lettre comment cultiver la gratitude au jour le jour, un réflexe puissant pour voir la vie en rose.

Je vous ai aussi raconté à quel point il était vital de maintenir des relations étroites avec vos proches, l’amour étant un puissant médicament.

Aujourd’hui, je voudrais simplement vous donner trois conseils simples et de bon sens pour rejoindre l’attitude positive des centenaires en bonne santé.

Faites un feu de joie avec vos regrets

S’il y a bien une chose dont vous devez vous débarrasser en vieillissant, ce sont les regrets ou la culpabilité.

Oui, nous avons tous raté des choses dans notre vie. Oui, nous aurions pu faire mieux à certains moments clés. Oui, nous avons fait du mal à des personnes qui nous sont chères, le plus souvent sans le vouloir.

Mais l’essentiel est d’en tirer les leçons, pas de se morfondre toute sa vie.

Les regrets perturbent le sommeil, les hormones… et votre aptitude au bonheur, tout simplement.

Si vous en avez, je vous encourage à suivre cette « recette » très originale, proposée par Robert Masson :

« Fais-moi plaisir : prends des petits papiers gros comme des cartes de visite, et note sur chacun un regret, un échec, une déception, un chagrin, un souci, une méchanceté, un tourment vécus. Et quand tu auras « vidé ton sac » tout ce qui pesait lourd sur ton cœur, tu en fais un petit… oh ! pardon, un gros tas… et, heure solennelle, tu y mets le feu et tu éclates d’un rire titanesque à faire trembler les étoiles. »

Vous verrez, vous devriez vous sentir beaucoup mieux.

Soyez créatifs jusqu’au bout

Un autre secret pour bien vieillir est de cultiver sa créativité.

C’est essentiel pour maintenir le sens et le plaisir de l’existence.

Mais de façon plus prosaïque, c’est aussi très important pour maintenir votre cerveau en bon état.

Le problème avec les activités intellectuelles « répétitives », comme les mots croisés ou le bridge, c’est que vous activez toujours les mêmes circuits neuronaux.

La créativité, au contraire, sort des cadres, des habitudes et des frontières.

Alors n’hésitez pas, peignez, par exemple, même si vous ne savez pas peindre, dansez, chantez même si vous n’êtes pas doué ! Laisser votre cerveau créatif s’exprimer dans le dessin, la poterie ou toute autre activité.

Et enfin, n’oubliez jamais de RIRE !

La thérapie par le rire

Le rire est un des plus puissants médicaments « anti-âge » qui existent.

C’est d’abord un anti-douleur avéré : une minute de rire est aussi efficace contre les douleurs qu’un médicament ! [8]

Rire permet de déclencher des hormones comme les endorphines, ce qui vous place dans un état d’euphorie qui guérit votre corps en profondeur.

Le rire soigne tout… même le diabète !

C’est une étude japonaise étonnante qui l’a démontré : des patients diabétiques qui regardaient une émission comique à la télévision avaient un meilleur contrôle de leur taux de sucre sanguin qu’un groupe témoin. [9]

En riant, les patients étaient en train d’activer positivement 39 gènes, avec des résultats très positifs sur leur système immunitaire et leur santé !

Alors n’attendez-pas d’être heureux pour rire : riez tous les jours, même sans raison et vous commencerez déjà à bénéficier d’un bien-être merveilleux.

C’est le premier pas pour une belle et longue vieillesse en bonne santé !

Un poème pour finir

Rester jeune jusqu’au bout, voilà le thème du grand poème de Samuel Ullman, rendu célèbre par le général Mac Arthur [10] :

« La jeunesse n’est pas une période de la vie, elle est un état d’esprit, un effet de la volonté, une intensité émotive, une victoire du courage sur la timidité, du goût de l’aventure sur l’amour du confort.

L’on ne devient pas vieux pour avoir vécu un certain nombre d’années. L’on devient vieux parce que l’on déserte son Idéal. Les années rident la peau ; renoncer à son Idéal ride l’âme.

Les préoccupations, les doutes, les craintes et les désespoirs sont des ennemis qui, lentement, nous font pencher vers la terre et devenir poussière avant la mort.

Jeune est celui qui s’étonne et qui s’émerveille. Il demande, comme l’enfant insatiable : « Et après ? »

Il défie les événements et trouve la Joie au Jeu et à la Vie.

Vous êtes aussi jeunes que votre Foi dans la Vie. Vous êtes aussi vieux que votre doute. Aussi jeunes que votre confiance en vous-mêmes, aussi jeunes que votre espoir, mais aussi vieux que votre abattement.

Vous resterez jeunes aussi longtemps que vous resterez réceptifs. Réceptifs à ce qui est beau, bon et grand. Réceptifs aux messages de la Nature, des femmes, des hommes et de l’Infini.

Si, un jour, votre cœur allait être mordu par le pessimisme, rongé par le cynisme…, eh bien, que Dieu ait pitié de votre âme de vieillard ! »

Sources

71 commentaires

De Kuyssche Frans 18 mai 2017 - 10 h 04 min

C’est probablement le courriel et ses messages le plus merveilleux que j’ai reçu jusqu’ici. Je me sens déjà mieux, rien qu’après l’avoir lu. J’ai 80 ans, diabétique, mais, surtout, aide-soignant durant 25 ans de mon épouse qui avait la SeP, des crises d’épilepsie, puis Alzheimer, pour finir, il y a 21 mois, de pneumonies par défaut de déglutition. De plus, notre fille de 55 ans, a été diagnostiquée, il y a deux ans, démente fronto-temporale avec des modifications terribles du comportement et de l’aphasie. Autant de causes, pour moi, de ne plus avoir d’intérêt pour la vie. Et, effectivement, jusqu’à il y a peu, je n’avais pas senti les années passer. Ces derniers mois, oui. Je me sentais proche de la mort. Mais votre courriel m’a donné une autre perspective. Merci !!

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FERRO 17 mai 2017 - 12 h 50 min

quelle merveilleuse lettre de vie! Merci de tous les bons conseils,je mets en pratique de rire chaque jour et de remercier la vie de sa joie de vivre;merci Monsieur Xavier BAZIN .

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Demouveaux 17 mai 2017 - 11 h 43 min

Bonjour Mesdames Messieurs
Je confirme la jeunesse est dans la tête et j’ai un plaisir à entendre « tu es toujours aussi jeune » je dirais Merci Papa Merci Maman ils m’ont appris la propreté la politesse et le courage, mais aussi j’ai eu la chance de choisir mon métier « cuisinier » et à 70 ans, et on m’en donne 56 à 60 toujours autant passionné et créatif, donc je peux dire que je n’ai jamais travaillé de ma vie, Je sais la veille ce que je vais faire le lendemain et le jour même encore pour le lendemain. Nous sommes intercellulaires et nous ne pouvons pas vivre l’un sans l’autre et à partir du moment ou ne servons plus à rien à sois même et aux autres,la viens une maladie qui aide à partir et je pense que partir c’est dans la tête, mon grand père ma grand mère et ma mère nous ont prévenus et nous ont dit Michel je m’en vais. Pour ma part je pense que le cancer est provoqué par sois même et que la mort peut être une fuite. Aussi je vais au médecin 1 fois par an pour faire test et analyse pour vérifier mon état de santé « prévenir vaux mieux que guérir » j’ai aussi ma prière du soir « je me sens de mieux de mieux et demain seras meilleur »

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Nadel 17 mai 2017 - 10 h 46 min

J’ai beaucoup aimé votre lettre et je suis entièrement d’accord avec vous pour avoir vécu les deux situations. Triste et déprimée : je me sentais vieille. Active et joyeuse : j’ai de nouveau 20 ans. Bon courage à tous.

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dust::: 17 mai 2017 - 10 h 21 min

j’ai déjà posé plusieurs fois la question : dans ce monde sans amour comment faite vous pour être optimiste sans prendre de drogues ??? ?
ceci dit vous avez entièrement raison, l’esprit est extrêmement puissant mais, je ne sais pour quelle raison, ça fait parfois chier notre égo qui fait tout pour oublier ça !!!

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ROCHER 17 mai 2017 - 8 h 26 min

Merci de tout coeur pour tous vos articles, en particulier celui d’aujourd’hui. Je suis convaincue que l’optimisme est un des meilleurs médicaments… Ma devise est « vieillir et mourir en bonne santé ». Encore MERCI.
Je vais transférer cet article à certains membres de ma famille et à des amis.

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Baget 17 mai 2017 - 8 h 19 min

Merci pour ces bons conseils!

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Bizut 17 mai 2017 - 7 h 43 min

Une citation de Voltaire :  » J’ai décidé d’être heureux car c’est bon pour la santé « 

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segura 17 mai 2017 - 6 h 51 min

Merci et bravo pour celle magnifique lettre sur la vie.

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DANIELLE VECHAMBRE 17 mai 2017 - 6 h 30 min

Merci pour cette lettre qui est une source de bons conseils

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