Fatigue permanente, difficulté à démarrer le matin, prise de poids, frilosité… Et si comme plus de trois millions de Français, vous souffriez d’hypothyroïdie ? Découvrez comment repérer ce dysfonctionnement sous-diagnostiqué, décoder vos bilans et surtout, rééquilibrer durablement votre thyroïde en mêlant nutriments essentiels, plantes médicinales et traitements – quand ces derniers sont nécessaires.
D ans bien des cas, les insuffisances thyroïdiennes sont méconnues. C’est pourquoi beaucoup de gens prennent des médicaments qui traitent les conséquences de leur hypothyroïdie (antidépresseurs, anxiolytiques, antalgiques, médicaments pour le cholestérol, etc.), sans jamais en soigner la cause.
Vous l’avez compris, le manque d’hormones thyroïdiennes retentit sur tous les aspects de la santé : physique, mentale et émotionnelle. En règle générale, un traitement hormonal substitutif pris à vie permet de traiter efficacement la maladie. Pourtant, même quand il est instauré, de nombreux patients ne sont pas totalement soulagés, comme si le manque d’hormones n’était pas seul en cause…
Et si l’hypothyroïdie était un dysfonctionnement plus subtil qu’on ne le croit ? Et si chacun était différent et ne répondait pas de la même manière aux hormones ?
Et s’il existait, à côté des traitements hormonaux, des solutions naturelles pour améliorer l’efficacité des traitements, parfois les éviter et optimiser la fonction thyroïdienne ? C’est ce que suggèrent de nombreuses études scientifiques.
Des hormones capitales pour votre santé
Photo : https://kaboompics.com/
Située à la base du cou, juste sous la peau et en avant de la trachée – à l’endroit où l’on boutonne son col de chemise –, la glande thyroïde fabrique et libère dans le sang les hormones thyroïdiennes.
Ces dernières agissent sur toutes les cellules de l’organisme et interviennent dans des fonctions aussi vastes que la croissance osseuse, le développement mental, la transformation des graisses et des sucres, le niveau d’énergie, la température corporelle, le rythme du cœur, le fonctionnement du tube digestif et celui de l’appareil génital.
La TSH, régulateur de votre thyroïde
Photo : RDNE Stock project
La thyroïde produit la triiodothyronine (T3) en petite quantité et la tétraiodothyronine (T4) en grande quantité. La T3 est la seule hormone active, alors que la T4 est une forme de réserve transformée en T3 en fonction des besoins (surtout par le foie).
Les hormones thyroïdiennes doivent être sécrétées en quantité suffisante et sans excès. C’est pourquoi il existe un mécanisme dit de « rétrocontrôle » (feedback en anglais) faisant intervenir l’hypophyse – une autre glande endocrine située dans le cerveau.
Quand les taux sanguins de T3 et T4 diminuent, cette hypophyse libère une hormone appelée TSH (Thyroid-stimulating hormone) pour augmenter leur sécrétion par la thyroïde. À l’inverse, quand les taux sanguins de T3 et T4 augmentent, la sécrétion de TSH est freinée. Quand tout fonctionne bien, 11 ce système permet de maintenir un taux optimum d’hormones thyroïdiennes dans le sang.
On comprend donc que la TSH est élevée en cas d’hypothyroïdie, et qu’elle est abaissée en cas d’hyperthyroïdie.
Ménopause : redoublez de vigilance
À la ménopause, la sécrétion de progestérone s’interrompt alors que les ovaires continuent de produire de faibles quantités d’œstrogènes. Il s’installe donc un état dit de « dominance en œstrogènes ». Alors que la progestérone facilite l’action des hormones thyroïdiennes, les œstrogènes ont l’effet inverse et favorisent un état d’hypothyroïdie sans que le fonctionnement de la thyroïde soit lui-même perturbé, la TSH restant normale. On estime qu’à 50 ans, une femme sur dix est en hypothyroïdie. Vers 60 ans, elles seraient cinq ou six sur dix et une hypothyroïdie est souvent méconnue chez des femmes traitées pour des symptômes attribués à la ménopause.
Combien d’iode, pour qui ?
Apports journaliers recommandés (AJR) en iode pour la population française – dose minimale d’iode à consommer chaque jour :
nourrissons (0 à 1 an): 40 µg à 50 µg;
enfants de 1 à 3 ans : 70 µg à 100 µg;
enfants de 4 à 10 ans : 120 µg;
adolescents: 150 µg;
adultes: 150 µg;
femmes enceintes ou allaitantes: 200 µg;
sportifs : 300 μg.
Avez-vous assez d’iode ? Faites ce test! Deux techniques existent pour savoir si votre apport en iode est suffisant. La méthode empirique, ancienne et peu précise, mais simple et gratuite, consiste à étaler sur un carré de peau de la teinture d’iode (disponible en pharmacie): si la tache marron disparaît en 24 h, vous manquez cruellement d’iode, mais si la tache met plusieurs jours pour être absorbée, votre corps a probablement la quantité d’iode qui lui convient !
Votre thyroïde a besoin d’être nourrie !
Photo : Markus Winkler
Pour bien fonctionner, la thyroïde a besoin de nombreux nutriments. Ils sont essentiels pour une production optimale d’hormones actives.
L’iode : matière première indispensable Élément chimique naturel relativement rare dans la nature, les réserves d’iode dans l’organisme sont faibles et un apport quotidien est nécessaire. Car pour fabriquer les hormones thyroïdiennes, la thyroïde ne peut se passer d’iode.
Mais les besoins en iode évoluent aussi en fonction des variations climatiques, ethniques, des habitudes alimentaires et du mode de vie des individus.
Où trouver de l’iode ? L’iode se trouve essentiellement dans les produits de la mer : crustacés, coquillages, poissons de mer et algues (kelp), mais aussi dans l’huile de foie de morue, La méthode plus moderne et précise consiste à mesurer l’excrétion urinaire d’iode : une iodurie inférieure à 50 µg/1 signe une carence iodée (donc une carence d’apport) et une iodurie normale doit être supérieure ou égale à 100 µg/l.
À noter: cette carence d’apport augmente avec l’âge et concernerait 25% des personnes de plus de 60 ans. la viande, les œufs, les laitages et certaines céréales. La plupart des autres aliments en sont pauvres et, dans les légumes, sa teneur varie en fonction des sols sur lesquels on les cultive.
4 nutriments essentiels, à surveiller de près
Voici quatre nutriments essentiels au bon fonctionnement de la thyroïde. Le sélénium Comme l’iode, le sélénium est plus concentré dans la thyroïde que dans tous les autres organes du corps. Il est indispensable à la production des hormones thyroïdiennes et à la transformation de T4 en T3. Chez les personnes âgées, la diminution de la conversion de T4 en T3 est souvent due à une insuffisance en sélénium. Une déficience en sélénium aggrave les effets d’une déficience en iode sur le fonctionnement de la thyroïde. 12 Les apports journaliers recommandés (AJR) sont de 75 µg, mais ils varient en réalité de 20 à 200 μg, selon l’âge et l’activité physique.
Un adulte peut prendre sans risque 100 µg/jour de sélénium et se mettre ainsi à l’abri d’un déficit. On trouve le sélénium dans les aliments riches en protéines (viandes, poissons, œufs, céréales complètes, etc.) et dans certains légumes (champignons surtout, tomates, choux, etc.). L’aliment le plus riche en sélénium est la noix du Brésil.
Le fer Indispensable à la synthèse de l’hémoglobine, le fer l’est aussi à la production des hormones thyroïdiennes et à la transformation de T4 en T3. Les besoins quotidiens sont faibles chez l’adulte : 1 mg chez l’homme, 2 mg chez la femme.
On trouve le fer avant tout dans la viande rouge et le foie, mais aussi en bonne quantité dans les légumineuses (lentilles, haricots) et en moindre concentration dans les végétaux – la richesse en fer des épinards est une légende.
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Avant d’envisager une supplémentation, vérifiez vos réserves par un dosage sanguin de ferritine, la protéine de réserve du fer dans l’organisme.
Attention aux excès : trop d’iode, trop de sélénium ou trop de fer feront plus de tort que de bien. N’envisagez pas de supplémentation à forte dose sans qu’un déficit n’ait été diagnostiqué par un médecin. Des dosages biologiques sont disponibles pour connaître précisément votre statut.
Le zinc Indispensable à la conversion de T4 en T3, un déficit en zinc est aussi responsable d’une diminution d’environ 30% des taux sanguins de T3 et T4, comparativement à des sujets ayant un statut en zinc normal.
Les AJR chez l’adulte sont de 10 mg/jour. On trouve surtout le zinc dans les fruits de mer, les poissons, les viandes, le fromage et les céréales complètes.
Le magnésium Nécessaire, lui aussi, à la transformation de T4 en T3, il évite une diminution d’activité de la thyroïde après des efforts intenses.
Les AJR sont de 5 à 6 mg/kg/ jour. Or, près de 80% de la population adulte en France aurait un apport nutritionnel en magnésium inférieur.
D’autres oligoéléments (manganèse, molybdène) sont également impliqués dans la production d’hormones thyroïdiennes, mais leur carence est exceptionnelle.
Hypothyroïdie : identifiez et limitez le risque
Photo : Misha Zimin
L’hypothyroïdie peut survenir de différentes façons. Souvent, c’est la thyroïde qui ne produit plus assez d’hormones, mais il arrive que ce soient les hormones qui ne parviennent plus à exercer correctement leur rôle ou la transformation de T4 en T3 qui défaille.
La 1re cause : la thyroïdite d’Hashimoto Cette maladie auto-immune – dont on ne connaît pas la cause, mais qui évolue spontanément vers une destruction de la thyroïde (hypothyroïdie définitive) est actuellement la première cause d’hypothyroïdie dans la population. Elle est cinq à dix fois plus fréquente chez la femme que chez l’homme, débute le plus souvent de façon discrète et son diagnostic n’est posé qu’après plusieurs mois ou années d’évolution.
Biologiquement, on retrouve un taux élevé d’auto-anticorps. Nous avons vu que la T4 est une forme de réserve qui est transformée en T3 (seule active) selon les besoins de l’organisme. Mais la T4 peut aussi être transformée en rT3, qui est une forme inactive d’hormone thyroïdienne. La production de rT3 permet d’éliminer la T4 de l’organisme tout en évitant un excès de T3. Dans les conditions normales, la T4 est transformée pour 40% en T3 et pour 60% en rT3. Or, la rT3 peut se lier aux récepteurs de la T3 et donc bloquer son effet.
B, D, E… Quid des vitamines ?
Les vitamines B1, B2, B3, B6 et B12 sont nécessaires à la synthèse des hormones thyroïdiennes, mais les carences sont rares, sauf en cas d’éthylisme ou de dénutrition.
La vitamine D est indispensable à la pénétration cellulaire de la T3 et donc à son action. C’est une véritable hormone, produite par notre peau sous l’effet du soleil ; les apports alimentaires sont faibles et sous nos latitudes, seule une supplémentation permet d’éviter un déficit. Un apport d’au moins 1000 UI/ jour est recommandé.
Enfin, la vitamine E est nécessaire à la synthèse des hormones thyroïdiennes et à la transformation de T4 en T3, on la trouve surtout dans les huiles (olive, colza, palme) et les oléagineux. 40% de la population ne reçoit pas les apports nutritionnels conseillés, qui sont pourtant faibles (20 UI/jour pour un adulte). 13
Décodez votre bilan biologique
Photo : Steppe Walker
En cas de doute sur la fonction thyroïdienne, et quelle que soit la cause supposée de l’hypothyroïdie, le bilan biologique est indispensable et l’examen prioritaire est le dosage de la TSH, qui renseigne plus précocement et de façon plus sensible que les taux de T4 et T3 sur le statut thyroïdien.
Dosez votre TSH (et interprétez le résultat)
Un taux de TSH trop élevé indique que votre thyroïde ne fabrique pas assez d’hormones. La rétroaction négative sur l’hypophyse est moins intense et celle-ci sécrète donc plus de TSH qui passe dans le sang. À l’inverse, un taux de TSH trop bas indique que votre thyroïde fabrique trop d’hormones qui exercent une trop forte inhibition de l’hypophyse.
Voici, en France, comment sont classiquement interprétés les résultats d’un dosage de TSH :
en dessous de 0,3 mUI/l, la thyroïde est trop active et il faut rechercher une hyperthyroïdie ;
entre 0,3 et 4 mUI/l, le taux est considéré comme normal et les symptômes sont attribués à une autre cause;
entre 4 et 10 mUI/l, l’insuffisance thyroïdienne est légère et les symptômes peuvent provenir de cette anomalie, mais le traitement n’est pas obligatoire à ce stade ;
au-dessus de 10 mUI/l (parfois jusqu’à 100 mUI/l), l’hypothyroïdie est avérée et un traitement s’impose.
Si les normes de référence de la TSH (de 0,3 à 4 mUI/l) sont larges, c’est parce qu’elles reflètent les différents niveaux individuels de T4L des sujets normaux. Or, de nombreuses personnes présentent des symptômes d’hypothyroïdie (fatigue, frilosité, prise de poids, etc.) avec une TSH inférieure à 4 mUI/l et ne reçoivent pas de traitement.
C’est pourquoi un interrogatoire et un examen clinique soigneux sont indispensables pour compléter un diagnostic. Surtout, le dosage de la TSH ne donne pas une indication précise du taux d’hormones thyroïdiennes circulantes, et n’indique absolument pas si ces hormones sont efficaces au niveau cellulaire.
Complétez avec vos T4L et T3L
Pour compléter ce dosage de TSH, de nombreux spécialistes préconisent de façon systématique les dosages de T4 libre (T4L) et de T3 libre (T3L) ces hormones libres et non liées aux protéines sont les seules actives. Les valeurs
Souffrez-vous d’une hypothyroïdie fruste ?
L’hypothyroïdie fruste est définie par un taux de TSH > 4 mUI/l, confirmé par un 2ª dosage à un mois, sans anomalie de la concentration de la T4L. En France, sa prévalence est évaluée entre 3,4 et 10% de la population.
Il est important de se préoccuper d’une hypothyroïdie fruste, car: 1/3 de ces cas évoluera vers une hypothyroïdie avérée; plusieurs études suggèrent que ces personnes présentent des risques plus élevés de maladies cardiovasculaires, de diabète, de troubles musculaires et de troubles cognitifs ; de très nombreuses personnes présentent des signes évocateurs d’hypothyroïdie, alors que leur T4L est normale, or elles pourraient être soulagées par un traitement hormonal. normales chez l’adulte sont les suivantes – les limites de normalité varient légèrement selon les laboratoires :
T4L: 9 à 26 pmol/l;
T3L: 3 à 7 pmol/l.
Les médecins disent volontiers que le dosage de la T3L est sans intérêt, sauf dans quelques cas particuliers d’hyperthyroïdie. Cette opinion est très discutable pour deux raisons: d’une part, la T3L est la seule hormone active sur les tissus de l’organisme – donc une T3L basse est un argument de poids en faveur d’une hypothyroïdie – ; d’autre part, car une T4L dans la norme n’indique pas si l’organisme la convertit en T3L comme il le faudrait. Or de nombreux individus, en particulier les femmes qui prennent des œstrogènes dans le cadre d’un traitement hormonal contraceptif ou substitutif de la ménopause, ne convertissent pas de façon adéquate la T4L en hormone T3L active, d’où une possible hypothyroïdie symptomatique avec une T4L et une TSH normales.
Envisagez ces 2 dosages post-diagnostic
Devant un diagnostic d’hypothyroïdie, votre médecin recherchera des auto-anticorps antithyroperoxydase (TPO) et antithyroglobuline (TG), qui sont des marqueurs des maladies auto-immunes thyroïdiennes. On retrouve ainsi quasi systématiquement des anticorps anti-TPO dans la thyroïdite d’Hashimoto.
Plantes et médicaments : quels traitements ?
Photo : Yan Krukau
Face à des symptômes d’hypothyroïdie, commencez par vérifier qu’il n’y a pas de carence en micronutriments indispensables à 14 la bonne fonction thyroïdienne et comblez-la si c’est le cas.
3 plantes pour contrer les premiers symptômes
En cas d’hypothyroïdie débutante, plusieurs plantes peuvent s’avérer utiles pour soutenir la fonction thyroïdienne. L’ashwagandha pour stimuler votre thyroïde Appelée aussi ginseng indien, l’ashwagandha (Withania somnifera) est une plante de la médecine ayurvédique réputée pour ses propriétés reconstituantes et adaptogènes contre les effets du stress, et utilisée de longue date dans le traitement de l’hypothyroïdie. Ses principes actifs auraient une action stimulante sur la glande thyroïde et augmenteraient la production de T4. Une cure d’ashwagandha peut redonner un peu d’énergie à tous ceux dont le fonctionnement thyroïdien est insuffisant.
La dose recommandée pour agir sur la thyroïde est de 600 à 1 000 mg/jour d’extrait de racines et de feuilles. Le guggul, la synergie optimale L’action de l’ashwagandha sur la glande thyroïde est renforcée par la consommation conjointe de guggul (Commiphora mukul).
Cette autre plante d’origine indienne stimule l’activité de la thyroïde et favorise la conversion de T4 en T3 par le foie, principal site de stockage et conversion de ces hormones, tout en le protégeant des lésions oxydatives.
Cette stimulation thyroïdienne active les hormones lipolytiques et explique aussi l’efficacité reconnue du guggul sur le métabolisme des lipides, utilisé avec succès pour abaisser le taux de cholestérol et contrôler le poids. Une étude portant sur deux groupes ayant suivi un protocole de six semaines
Traitement : attention à votre taux d’iode
Les femmes traitées par lévothyroxine ont plus de risque de développer un cancer du sein que les femmes ne recevant pas ce traitement1. Deux mécanismes au moins peuvent expliquer ce phénomène 2,3 :
la supplémentation en hormones thyroïdiennes augmente la demande métabolique de l’organisme et les besoins en iode ;
la lévothyroxine active la fonction mitochondriale, avec pour conséquence une surproduction de radicaux libres et une augmentation du stress oxydant or ce dernier altère la fonction pour perdre du poids (régime et exercice physique) a ainsi montré que la prise d’un supplément de guggulstérones augmentait l’activité de la glande thyroïde et la perte de graisse.
La dose recommandée est de 1,5 à 3 g/jour d’extrait de résine standardisé à 2,5% de guggulstérones. Précaution : le guggul est déconseillé aux femmes enceintes.
Demandez conseil à votre médecin si vous prenez un traitement au long cours (nombreuses interactions médicamenteuses). Le Coleus forskohlii, riche en forskoline Le Coleus forskohlii, plante médicinale ayurvédique traditionnelle, contient de la forskoline, qui accroît la production d’hormones thyroïdiennes et stimule leur libération. Cette stimulation et la normalisation de la fonction thyroïdienne expliqueraient que la forskoline favorise la perte de poids et a des effets antidépresseurs la dépression étant l’une des caractéristiques courantes de l’hypothyroïdie. cellulaire et favorise les cancers et réactions auto-immunes.
Ainsi, si une personne déficiente en iode prend des hormones thyroïdiennes, elle aggrave son déficit relatif en iode ses besoins étant augmentés par le traitement. Si l’hypothyroïdie qui a justifié le traitement était due à une carence en iode, la situation n’en serait que plus regrettable…
C’est souligner ici encore l’importance de rechercher un déficit en iode (mesure de la iodurie) avant d’instaurer un traitement hormonal thyroïdien.
La dose recommandée est de 200 à 400 mg/jour d’extrait standardisé à 10% de forskoline.
Le but de l’hormonothérapie substitutive (hormones de synthèse), qui doit toujours être prescrite et surveillée par un médecin, est de rétablir une fonction thyroïdienne normale (euthyroïdie). Une fois le traitement instauré, les symptômes vont diminuer progressivement en quelques semaines et le taux sanguin de TSH va revenir à la normale. Une fois la posologie efficace identifiée, le traitement est poursuivi à vie.
La lévothyroxine (T4) La lévothyroxine, médicament prescrit en première intention, c’est la T4, c’est-à-dire la prohormone qui ne sera active qu’après sa transformation en T3. Votre médecin adaptera la posologie selon vos dosages de TSH et de T4L après 6 à 8 semaines de traitement à posologie constante, car l’effet maximal de la T4 n’est obtenu qu’après plusieurs semaines de traitement. 15 La liothyronine (T3) La liothyronine, c’est la T3L, c’està-dire la seule hormone active. Son action est très rapide et sa demivie est courte (24 h). La posologie est à adapter en fonction des résultats des dosages sanguins de TSH et T3L. Elle est utilisée surtout quand un effet rapide et transitoire est souhaité, mais aussi dans les cas de conversion périphérique insuffisante de T4 en T3 ou comme traitement d’appoint dans le traitement des résistances périphériques aux hormones thyroïdiennes.
Une association T3/T4 ? Une étude publiée en 1999 et menée sur 33 patients hypothyroïdiens a montré que l’association T3/T4 améliore la qualité de vie de la majorité des patients traités pour hypothyroïdie, comparativement à l’administration de T4 seule. Si vous êtes sous traitement par lévothyroxine (T4) seule et que, malgré des taux sanguins de TSH et de T4L satisfaisants, vous ne vous sentez pas bien « équilibré », une association T3/T4 peut être intéressante. Parlez-en à votre médecin.
À retenir : la supplémentation en T3 est surtout nécessaire lorsqu’un problème de conversion périphérique de T4L en T3L est observé – on a alors une T4L haute et une T3L basse à l’examen sanguin.
À quel moment prendre votre traitement ?
Les études ont montré que la prise du traitement serait optimale à deux moments de la journée : 1. À jeun ou à distance des repas C’est à jeun que l’absorption intestinale de la thyroxine (T4) est optimale, l’ingestion parallèle d’aliments entraînant une réduction de l’absorption du médicament, qui passe de 80% à 40-60%. La prise du traitement 30 min avant ou 2 h après un repas permet de réduire la dose nécessaire et d’obtenir un taux de TSH plus bas et plus stable.
Une autre raison de prendre sa T4 à jeun est d’éviter de la prendre avec d’autres traitements habituellement pris au moment des repas de nombreux traitements (calcium et fer par exemple) modifient l’absorption des hormones thyroïdiennes. 2. Le soir, au coucher Plusieurs études ont montré que la prise de Lévothyrox au coucher, comparée à une prise matinale, permet d’obtenir une TSH beaucoup plus basse et plus stable et des taux sanguins de T4 et T3 très supérieurs. Il semblerait que l’absorption intestinale de la lévothyroxine soit meilleure la nuit.
Attention : si vous prenez une association T4/T3, il est conseillé de prendre la T4 le soir et la T3 le matin, puisque cette dernière agit rapidement et a une demi-vie brève.
À retenir :
la lévothyroxine doit être prise à distance d’un repas et à heure fixe;
le dogme de la prise matinale doit être abandonné.
Suivez et surveillez votre traitement
L’objectif de tout traitement thyroïdien est de rétablir le métabolisme tissulaire. Les hormones thyroïdiennes ont besoin de plusieurs semaines pour exercer un effet visible et il faut compter un bon mois pour voir s’atténuer les symptômes d’hypothyroïdie.
Après l’instauration du traitement, vous reverrez donc votre médecin 6 à 8 semaines plus tard, avec au minimum un dosage sanguin de TSH – idéalement aussi un dosage de T4L et T3L. Il recherchera la disparition des symptômes d’hypothyroïdie, dépistera les signes d’un éventuel surdosage – surtout une tachycardie – et vérifiera la normalisation du taux de TSH.
Ensuite, l’enjeu est de déterminer la « bonne » dose de traitement, qui n’est pas la même chez toutes les personnes. C’est donc en modifiant peu à peu la posologie en fonction de votre état clinique, de vos résultats sanguins et de votre ressenti que votre médecin vous aidera à trouver la dose de traitement qui vous convient vraiment.
L’équilibre hormonal est si fragile et délicat à obtenir qu’un sentiment de mieux-être ne s’installera parfois pas avant plusieurs mois de modifications dans les dosages du traitement, jusqu’à trouver le bon. Une fois cet équilibre obtenu, un contrôle de TSH tous les six à 12 mois peut suffire si le patient se sent bien.
Vigilance !
Tous ces médicaments sont puissants. Ils sont très efficaces mais peuvent être dangereux s’ils sont mal pris, c’est pourquoi ils doivent toujours être prescrits et surveillés par un médecin.
L’excès de poids sans hypothyroïdie n’est pas une indication au traitement par hormones thyroïdiennes.
Les effets du traitement substitutif et les signes d’intolérance ne sont pas immédiats – ils nécessitent un délai de 15 jours à un mois après le début du traitement. Ne modifiez pas vous-même les posologies, parlez-en à votre médecin.
Il est indispensable de bien prendre votre traitement thyroïdien et de ne jamais l’arrêter par vous-même, même (surtout !) si vous vous sentez mieux.
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Hypothyroïdie : ma stratégie !
Photo : Antoni Shkraba
Pour résumer, voici ma stratégie.
Surveillez ces 8 nutriments essentiels
Pour assurer le bon fonctionnement de votre thyroïde, assurez vos apports quotidiens en: iode (150-300 µg/j), sélénium (100 µg/j), zinc (10 mg/j), magnésium (5-6 mg/kg/j), fer (1 mg/j chez l’homme, 2 mg/j chez la femme), vitamine D (min. 1 000 UI/j), vitamine E (20 UI/j), vitamines B.
Vigilance : les excès peuvent être nocifs, adaptez votre supplémentation à vos statuts et dosez votre ferritine avant toute supplémentation en fer.
Faites votre bilan !
En cas de doute sur la fonction thyroïdienne, le bilan biologique est indispensable. Dosez :
la TSH, examen indispensable de 1re intention ;
les hormones libres (T4L et T3L), complètent la TSH ;
les anticorps anti-TPO/anti-TG, en cas d’hypothyroïdie avérée ;
la rT3 + rapport T3L/rT3 si T3 basse persistante ou inefficacité du traitement ;
la iodurie, à mesurer avant tout traitement hormonal.
Important: le dosage de la TSH seule ne suffit pas et une TSH << normale » (0,3-4 mUI/l) n'exclut pas une hypothyroïdie.
Ces 3 plantes stimulent votre thyroïde
En cas d’hypothyroïdie débutante, trois plantes peuvent s’avérer utiles pour stimuler la thyroïde :
l’ashwagandha (Withania somnifera), 600 à 1000 mg/j d’extrait de racines et de feuilles ; ✔
B.1.1.7 B.1.351 P.1 1.1 72 Specific Antigen Free יין PSA Ratio THYROID TEST THYROID P Thyroid-Stimulating Hormone (TSH) Free Thyroxine (FT4) ✔ Free Triiodothyronine (FT3) ✔Thyroperoxidase Antibodies (ΤΡΟ Ab) Thyroglobulin Antibodies (TG Ab) Triidothyrinine (T3) Thyroxine (T4)
VITAMINS
En cas de doute, commencez par doser la TSH et les hormones libres (T4L et T3L).
le guggul (Commiphora mukul), 1,5 à 3 g/j d’extrait de résine standardisé à 2,5% de guggulstérones demandez conseil à votre médecin ;
Coleus forskohlii, 200 à 400 mg/j d’extrait standardisé à 10% de forskoline.
Traitement hormonal : quelles possibilités ?
En cas d’hypothyroïdie avérée – et seulement après un dosage de l’iodurie pour éloigner toute carence en iode et risque de l’aggraver – consultez votre médecin pour déterminer le traitement adapté :
la lévothyroxine (T4), traitement de 1re intention ;
la liothyronine (T3) pour un effet rapide et transitoire ou en cas de conversion T4 T3 insuffisante;
l’association T4+T3, envisageable pour améliorer la qualité de vie en cas de traitement T4 seule (concentration, énergie, bien-être).
À noter: les effets du traitement ne sont pas immédiats, ne modifiez ou arrêtez jamais vousmême les posologies, même (et surtout !) si vous vous sentez mieux – parlez-en à votre médecin lors du suivi et déterminez ensemble la « bonne » dose.
Dr Philippe Veroli Médecin spécialiste en anesthésie-réanimation, ancien chef de clinique, il est notamment diplômé en nutrition, hypnose et médecine traditionnelle chinoise.