6 leviers biologiques contre l’inflammation

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6 leviers biologiques contre l’inflammation

DOSSIER SANTÉ

Alimentation anti-inflammatoire : oubliez les listes et actionnez ces 6 leviers biologiques

Loin d’être votre ennemie, l’inflammation est essentielle à votre survie – à condition de rester temporaire. Quand celle-ci perdure, il devient urgent d’agir, via votre alimentation. Mais oubliez les listes d’aliments « anti-inflammatoires » et « interdits » : voici les 6 leviers biologiques à activer pour libérer le véritable potentiel anti-inflammatoire de vos assiettes.

Pour une personne qui n’est pas du domaine médical, l’inflammation est souvent confondue avec la douleur. Pourtant, ce sont deux choses différentes. Certes, elles peuvent être liées, mais pas toujours. On vous pince la peau et vous ressentez une douleur : c’est un signal d’alerte, pas une inflammation. De même, vous pouvez avoir une inflammation de faible intensité, mais chronique et imperceptible, sans douleur – mais pas sans conséquence, nous le verrons plus loin. Enfin, si vous chutez à vélo et que vous vous blessez au genou, vous expérimentez une inflammation aiguë et forte. La douleur que vous ressentez est plutôt une conséquence de cette inflammation, pas l’inflammation elle-même. Dans ce cas, l’inflammation est même une alliée : elle permet à l’organisme de « prendre en charge » la blessure et d’enclencher les mécanismes de réparation.

Alors pourquoi parle-t-on si souvent de l’inflammation en termes négatifs ?

Une réponse essentielle du système immunitaire

L’inflammation est un processus physiologique tout à fait normal, et même souhaitable dans l’organisme – à condition, nous le verrons plus tard, de rester contrôlée. C’est la réponse du système immunitaire face à une agression, qu’il s’agisse d’une infection (bactéries, virus, champignons microscopiques), d’une blessure, d’une irritation chimique – par exemple, l’amiante dans les voies respiratoires ou les cristaux d’acide urique responsables des crises de goutte – ou encore d’un rayonnement, comme celui du soleil.

L’inflammation débute par la reconnaissance du danger par des cellules sentinelles, entre autres, les macrophages, un type de globules blancs. Ces cellules libèrent alors des molécules appelées médiateurs de l’inflammation, notamment des cytokines et des prostaglandines, qui provoquent une vasodilatation et une augmentation de la perméabilité des vaisseaux sanguins. Ce processus explique les signes classiques de l’inflammation (rougeur, chaleur, douleur et gonflement), décrits dès le Ier siècle par le médecin romain Aulus Cornelius Celsus (rubor, calor, dolor, tumor). Il permet également l’afflux rapide de cellules immunitaires vers la zone atteinte afin d’éliminer l’agent causal et les tissus lésés1. Comme nous l’avons vu, l’inflammation joue aussi un rôle central dans la réparation tissulaire en stimulant la prolifération cellulaire et la reconstruction des structures endommagées2.

La douleur n’est PAS l’inflammation

La douleur est une expérience sensorielle et émotionnelle désagréable associée à une lésion réelle ou potentielle des tissus3. Elle résulte de l’activation de récepteurs spécialisés, les nocicepteurs, qui détectent des stimuli mécaniques, thermiques ou chimiques susceptibles d’endommager l’organisme et transmettent ces informations au cerveau via la moelle épinière. Mais le cerveau n’enregistre pas simplement un signal physique : il l’intègre avec le contexte, les émotions et les expériences passées, ce qui explique que la douleur soit à la fois biologique et subjective. Sur le plan fonctionnel, elle joue un rôle protecteur en incitant à retirer un membre d’une source de danger ou à ménager une zone blessée afin de favoriser la réparation.

Il est donc important de ne pas confondre douleur et inflammation : la douleur correspond à un signal nerveux perçu par le cerveau, tandis que l’inflammation est une réponse du système immunitaire dans les tissus.

Un début, un milieu et surtout… une fin

Une inflammation, aussi nécessaire soit-elle, doit s’éteindre au bout d’un certain temps. Classiquement, on distingue trois phases : une phase aiguë, une phase de transition vers la réparation, puis une phase de résolution. La phase aiguë débute quelques minutes à quelques heures après l’agression. Si l’agent causal est éliminé, la réponse évolue vers une phase de réparation au cours de laquelle les macrophages prennent le relais pour éliminer les débris et orchestrer la régénération tissulaire. Puis vient la résolution, qui n’est pas un simple arrêt passif, mais un processus actif impliquant des médiateurs spécialisés pro-résolution qui limitent l’inflammation et favorisent le retour à l’homéostasie, c’est-à-dire à l’équilibre physiologique.

Si la réponse aiguë ne se résout pas correctement, l’inflammation peut devenir chronique.

Cette inflammation indolore vous nuit en silence…

Si l’agent déclencheur de l’inflammation persiste ou si les mécanismes de résolution sont insuffisants, le processus peut évoluer vers un état d’inflammation chronique de bas grade : le niveau de médiateurs inflammatoires est souvent trop faible pour provoquer une douleur perceptible et l’inflammation peut donc rester silencieuse. Mais elle n’est pas sans conséquence : cette inflammation chronique de bas grade constitue un facteur important dans le développement de nombreuses maladies chroniques, notamment l’obésité, le diabète de type 2, les maladies cardiovasculaires et les cancers4,5.

Il est donc crucial de lutter contre l’inflammation et la meilleure stratégie pour ça, est d’adopter une alimentation anti-inflammatoire.

Préférez le PEA à un anti-inflammatoire médicamenteux

En cas d’inflammation aiguë, les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), comme l’ibuprofène, le naproxène ou le kétoprofène, sont très toxiques pour les reins et ont un effet paradoxal sur l’inflammation : ils la diminuent rapidement, mais induisent une hyperperméabilité intestinale qui entraîne par la suite de l’inflammation systémique (dans tout le corps)…

Préférez donc le PEA (palmitoyléthanolamide), une molécule déjà présente dans le corps qui existe aussi en complément alimentaire. Il est antalgique et anti-inflammatoire, mais par des mécanismes différents, et globalement aussi efficace que l’ibuprofène, sans être toxique pour les reins et les intestins – au contraire, il les protège !

L’assiette, votre meilleur outil anti-inflammatoire

L'assiette, votre meilleur outil anti-inflammatoire

La relation entre alimentation et inflammation est aujourd’hui solidement documentée et il ne fait plus aucun doute que l’une impacte l’autre, positivement ou négativement.

Pour comprendre ce lien, les études ont analysé l’apport alimentaire habituel, les marqueurs sanguins de l’inflammation tels que la protéine C-réactive ultrasensible (CRP-us), l’interleukine-6 (IL-6) et le facteur de nécrose tumorale alpha (TNF-α), les concentrations sanguines de micronutriments (vitamines ou caroténoïdes) et les effets de modifications alimentaires ou de la consommation d’aliments spécifiques. On sait ainsi que, de manière générale, le régime méditerranéen est associé à une réduction de l’inflammation, et le régime occidental moderne typique, à une augmentation de l’inflammation de bas grade.

Mais ces constats sont assez généraux et une liste d’aliments « permis » ou « interdits » ne suffit pas. En pratique, de nombreux mécanismes influencent l’inflammation, dont six principaux, sur lesquels vous pouvez agir directement via votre alimentation. Les connaître, et surtout les comprendre, vous permettra de faire des choix éclairés et de construire un modèle alimentaire anti-inflammatoire adapté.

1. Avant tout, choisissez les bonnes graisses

Le premier levier de l’alimentation anti-inflammatoire, et sans doute le plus déterminant, est la composition en graisses de votre assiette. Deux équilibres sont à surveiller.

Oméga-3 et 6 : un ratio alarmant…

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