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Cher(e) ami(e) de la santé,

Regardez cet homme :

Comme vous peut-être, il prend un médicament classique pour son arythmie cardiaque, du Cordarone.

Mais voilà, après une journée de jardinage sous le soleil, il s’est transformé en « homme gris-bleu ».

Un effet secondaire auquel il ne s’attendait pas évidemment, car personne ne l’avait prévenu que :

Médicament + soleil = réaction violente.

Et ce n’est pas un cas isolé : cela touche 1 patient sur 10 sous amiodarone[1] !

Le pire dans tout ça ?

C’est que la photosensibilité médicamenteuse[2] ne concerne pas que l’amiodarone… loin de là !

Plus de 300 médicaments[3] pourraient être capables de « brûler » votre peau en quelques heures… sans que vous ne le sachiez.

Statines, antibiotiques ou IPP : attention au soleil si vous prenez l’un de ces médicaments

Plutôt que de vous assommer avec une longue liste, j’ai préféré vous préparer un guide synthétique à télécharger !

Vous verrez que plus de 20 classes de médicaments très courantes sont concernées allant des antibiotiques aux antidépresseurs, en passant par les statines ou les AINS !

Si vous ou vos proches suivez actuellement un traitement médicamenteux, je vous conseille vivement de lire ce document.

Vérifiez également sur votre boîte si ce pictogramme est indiqué (mais il ne l’est pas systématiquement, allez savoir pourquoi !) :

Mais d’où vient une telle réaction qui se traduit par des rougeurs intenses, parfois des cloques douloureuses ou encore des taches brunes persistantes ?

Et ce, après seulement quelques minutes au soleil ?

La photosensibilité : rien à voir avec votre système immunitaire

En fait, la plupart de ces médicaments contiennent des substances qui réagissent avec les rayons UVA.

Votre organisme va produire des molécules très réactives (les fameux radicaux libres) qui abîment les cellules cutanées.

Au total, c’est un peu comme une brûlure chimique déclenchée par la lumière.

Elle est donc totalement indépendante de votre système immunitaire.

En revanche, l’intensité de la réaction dépend de la durée de votre exposition solaire, du médicament bien sûr et de sa dose, mais aussi de votre phototype (= la carnation de votre peau, cheveux et yeux).

Par conséquent, si vous avez un phototype clair, vous serez plus sensible qu’une personne au phototype foncé – la mélanine serait un facteur de protection.

Heureusement, les symptômes se calment souvent avec l’arrêt du médicament et la fin de l’exposition au soleil.

Cependant, une hyperpigmentation des lésions peut persister plusieurs mois.

Et ne vous croyez pas à l’abri sous un parasol ou dans votre voiture – car les UVA passent à travers les vitres ! 

Mais peut-être que vous ne prenez tout simplement pas de médicaments… … et que vous privilégiez l’aromathérapie ou la phytothérapie.

Excellente nouvelle !

Mais attention, même avec les huiles essentielles et les plantes, vous pouvez avoir de violentes réactions au soleil :

Attention au millepertuis et à ces huiles essentielles qui peuvent vous « faire griller »

Entre faire une cure de soleil et une cure de millepertuis pour améliorer votre humeur, il faudra choisir !

Car cette belle plante contient de l’hypéricine, un pigment rouge très photosensibilisant.

Que ce soit en tisane ou en gélule, ne vous exposez surtout pas au soleil si vous en prenez (ou seulement avec des vêtements couvrants).

Même chose pour l’angélique chinoise (Dong Quai), utilisée pour l’équilibre hormonal, qui contient des furocoumarines puissantes…

Ces molécules sont extrêmement photosensibilisantes…

Dommage car on trouve dans de nombreuses huiles essentielles d’agrumes (HE de bergamote, citron, orange amère, pamplemousse, citron vert…), pourtant très utiles en été.

Évitez de vous exposer pendant au moins 12 heures après l’application de ces huiles, ni d’en ingérer avant une exposition solaire. Vous risquez de vous retrouver avec des brûlures, rougeurs, cloques ou taches brunes difficiles à faire disparaître.

Gare aussi à l’huile essentielle de livèche (Levisticum officinale), ou racine de ‘’céleri perpétuel’’, celle de cumin (Cuminum cyminum) ou enfin de tagète (Tagetes minuta ou patula) qui entre malheureusement dans la composition de bien des répulsifs anti-insectes naturels.

Méfiez enfin de l’huile essentielle de lavande vraie, celle de khella ou encore l’huile végétale de millepertuis… qui sont aussi photosensibilisantes. 

Et comme si cela ne suffisait pas…

Méfiez-vous aussi de ces aliments et évitez une ‘’brûlure de margarita’’ !

Les amateurs de ce cocktail[4] en savent peut-être quelque chose !

En effet, les barmen ont souvent des brûlures et des rougeurs intenses sur les mains et les avant-bras, après avoir manipulé du jus de citron vert au soleil[5].

Attention donc si vous préparez un ceviche ou un guacamole sur votre terrasse au soleil, des taches pigmentées brunes résiduelles pourraient rester des semaines voire des mois sur vos mains !

Évitez également de manipuler du céleri cru, il pourrait vous donner des cloques (toujours à cause des furocoumarines).

Même chose pour le panais dont la peau et les feuilles peuvent provoquer de sérieuses brûlures.

Méfiez-vous enfin des figues quand elles sont vertes : le latex blanc qui les entoure est photosensibilisant.

Ironie du sort, et pas des moindres, certains filtres UV chimiques des crèmes solaires peuvent également être photosensibilisants.

C’est notamment le cas de ceux à base d’oxybenzone, d’octocrylène, les cinnamates et les dérivés de l’acide para-aminobenzoïque.

Pourtant, certaines marques bien connues en contiennent encore comme La Roche-Posay Anthelios XL SPF 50+, Vichy Capital Soleil SPF 50, Avène Cleanance Sunscreen SPF 50, Nivea Sun Protect & Moisture SPF 50… pour ne citer que celles-ci !

Enfin, last but not least, si vraiment vous avez ‘’attrapé’’ un coup de soleil, appliquez un gel d’aloe vera qui a des propriétés apaisantes et cicatrisantes

Avec toutes ces précautions, vous êtes donc paré(e) pour un été en pleine santé !

À très bientôt,

Catherine Lesage

PS : Téléchargez vite gratuitement la liste des médicaments photosensibilisants en cliquant ici. Et faites passer le message autour de vous ! 

Sources :

[1] Le principe actif du Cordarone.
[2] En réalité, il existe 2 types de réactions : la phototoxicité, immédiate et limitée aux zones exposées au soleil et la photoallergie, retardée et qui touche également les zones de la peau protégées des rayons UV. La seconde est nettement plus rare.
[3]https://www.vidal.fr/actualites/30276-medicaments-et-soleil-quelques-rappels-pour-eviter-de-passer-au-rouge.html
[4] Cocktail associant tequila, citron vert, curaçao et glaçons
[5]https://www.lemonde.fr/blog/realitesbiomedicales/2023/08/19/quand-un-cocktail-au-citron-vert-provoque-rougeurs-et-cloques-sur-la-peau-exposee-au-soleil/#:~:text=Seule%20la%20peau%20expos%C3%A9e%20au,transpiration%2C%20appara%C3%AEt%20amplifier%20la%20r%C3%A9action

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