TROD angine

Angine : devez-vous faire ce nouveau test en pharmacie ?

NOUVEAU : les pharmaciens français pourront désormais tester les patients qui ont « mal à la gorge ».

C’est assez simple et cela prend 5 minutes.

Le pharmacien prend un coton tige, vous l’enfonce dans la gorge, puis passe en arrière-boutique pendant 5 minutes et…

…revient vous dire si vous avez une angine bactérienne ou non !

Ce test a le doux nom de « TROD angine » (TROD comme tests rapides d’orientation diagnostique).

L’objectif est d’éviter la prise d’antibiotiques inutiles.

Car les angines sont virales (et non bactériennes) dans la plupart des cas.

Cela veut dire qu’elles sont causées par des virus, et non des bactéries.

Et comme chacun sait, les antibiotiques ne peuvent rien contre les virus.

Le problème, c’est que beaucoup de patients continuent à exiger des antibiotiques dès qu’ils ont une angine…

…et que beaucoup de médecins acceptent de prescrire ces antibiotiques, sans même savoir si l’angine est virale ou bactérienne !

Au total, « environ 10 % des prescriptions d’antibiotiques correspondent à un traitement pour angine (9 millions de cas chaque année) alors que 80 % des angines sont dues à des virus, donc ne nécessitent pas d’antibiotiques »[1].

Donc, en théorie, ce test « TROD » est une bonne chose.

Il devrait permettre d’éviter de nombreuses prescriptions d’antibiotiques…

…et des visites inutiles chez le médecin !

En fait, il y a un gros problème avec ce « TROD », et je vais vous l’expliquer dans une seconde.

Mais d’abord, une petite parenthèse tragi-comique :

Délirant : les syndicats de médecins en colère !

Si vous vous demandiez encore si la médecine était un business, il faut que vous lisiez la réaction des médecins.

Attention : j’ai un immense respect pour la majorité des médecins, qui sont des hommes et des femmes honnêtes et consciencieux.

Mais leur cabinet est aussi leur gagne-pain et certains médecins n’aiment pas du tout qu’on les prive de consultations faciles !

Ainsi, le Syndicat des médecins libéraux est monté au créneau contre le TROD en pharmacie :

« Tout est fait pour détourner les patients des médecins. Le sujet de fond est le dumping médical afin de réaliser des économies »[2]

Même chose pour la Confédération des syndicats médicaux français :

« Nous dénonçons ce démantèlement de la médecine et cette tendance au consumérisme médical avec un accès au comptoir en open bar comme aux urgences et on en déplore toutes les dérives.

« Avec le TROD, on ne peut être qu’inquiet pour la santé et la prise en charge de la population » [3].

En réalité, ce n’est pas la santé des patients qui leur pose problème, mais bien le manque à gagner pour les médecins.

La preuve avec la suite de leur communiqué :

« Après la vaccination, le TROD, la cystite, la lombalgie, l’entorse, le médecin n’aura plus que des consultations longues, complexes et à haute valeur d’expertise »[4].

Mais justement, cette évolution est une excellente chose !

Au moment où on manque cruellement de médecins généralistes dans beaucoup de territoires, il est temps de réserver la fonction de médecin aux actes médicaux vraiment utiles !

Et il faut le dire : s’occuper des maux de gorge et des angines n’en fait pas partie !

Car la vérité, que le gouvernement ne dit pas…

…c’est que le TROD lui aussi est totalement inutile !

Pourquoi les antibiotiques ne sont JAMAIS utiles contre une angine

D’abord, il faut savoir que le TROD n’est pas parfait (aucun examen ne l’est).

Si vous avez une angine bactérienne, le TROD ne le détectera pas à tous les coups. Dans 14 % des cas, le test sera négatif alors même que vous avez bien une angine blanche.

Par ailleurs, dans de rares cas (une fois sur vingt), le test vous dira que vous avez une angine bactérienne, alors que ce n’est pas vrai[5].

Enfin, le test n’identifie que les angines bactériennes au streptocoque du groupe A (SGA), qui est bien la plus courante mais pas la seule.

Mais surtout, il ne sert à rien de savoir si une angine est virale ou bactérienne !

Car dans aucun de ces cas, les antibiotiques ne sont justifiés !

Oui, même si votre angine est bactérienne, vous ne devez pas prendre d’antibiotiques[6].

Du repos, de la diète et votre système immunitaire fera le reste !

Si vous ne me croyez pas, voici la réalité des chiffres.

Le vrai danger des angines bactériennes, ce sont deux complications rarissimes :

  • Le risque de rhumatisme articulaire aigu (RAA), avec des articulations douloureuses et un risque pour le cœur ;
  • Le risque de glomérulonéphrite, une maladie du rein (GNA).

Or les antibiotiques prescrits (amoxicilline) n’ont aucun effet sur le risque de glomérulonéphrite (GNA)[7].

Reste donc le risque de Rhumatisme Articulaire Aigu (RAA), lié à une angine mal soignée.

Mais il faut savoir que le RRA est extrêmement rare : 1 à 5 cas sur 100 000[8].

Or c’est à peu près le même risque que d’avoir un effet indésirable grave de l’antibiotique !

Sur la fiche de l’amoxicilline, vous lisez que le risque d’effet indésirable grave (généralement allergique) est de 1 à 10 pour 100 000[9] !

Et cela, c’est sans même parler des autres effets indésirables des antibiotiques.

On sous-estime la gravité de l’impact des antibiotiques !

Je rappelle que les antibiotiques détruisent les bactéries, y compris les bonnes bactéries de votre intestin (microbiote), ce qui peut avoir de graves conséquences pour votre santé.

Sur des souris, on a même constaté que cet affaiblissement du microbiote par l’amoxicilline rendait plus vulnérable à la grippe – une maladie plus dangereuse que l’angine[10] !

Encore pire : des chercheurs canadiens ont découvert que, chez les patients qui prennent des médicaments contre l’hypertension, la prise d’amoxicilline augmente le risque d’arrêt brutal du cœur[11]  !!

Bref, le rapport « bénéfice – risque » n’est pas favorable : vous n’avez pas intérêt à prendre des antibiotiques en cas d’angine, même bactérienne !

Et je n’ai même pas parlé des effets collectifs catastrophiques de l’excès d’antibiotiques !

Vous connaissez le risque d’antibio-résistance : les bactéries ont tendance à muter et à devenir résistantes aux antibiotiques.

Selon l’Organisation mondiale de la Santé, c’est une des pires menaces sanitaires de l’humanité…

…mais c’est aussi une catastrophe écologique !

Selon une étude récente, 65 % des rivières dans le monde sont contaminées par des antibiotiques[12] !

 « Que ce soit dans nos déjections, dans nos déchets, ou à cause des rejets d’usines comme en Inde, les antibiotiques finissent souvent dans les rivières », selon Alistair Boxall, professeur en sciences environnementales à l’université de York[13]

Et bien sûr, ces antibiotiques se retrouvent dans l’eau du robinet, ce qui aggrave encore le risque d’antibio-résistance et la dégradation de nos microbiotes.

Bref, quelle que soit la façon de voir le problème, il faut réserver les antibiotiques aux cas les plus graves, ceux qui le méritent vraiment.

Et l’angine, même bactérienne, n’en fait clairement pas partie !

Voilà pourquoi des pays comme l’Angleterre, l’Ecosse, les Pays-Bas et la Belgique déconseillent les antibiotiques en cas d’angine bactérienne.

Ils disent, à juste titre, que c’est une maladie « bénigne et spontanément résolutive » (qui se guérit toute seule)[14].

Voilà ce qu’aurait dû dire le gouvernement, plutôt que de généraliser l’inutile « TROD angine » en pharmacie.

Mais bien sûr, ce sont les pharmaciens qui n’auraient pas été contents !


Sources

18 commentaires

Evelyne 6 octobre 2019 - 4 h 30 min

La réaction des médecins libéraux ne me surprend pas. Comme vous le dites il ne faut pas les mettre tous dans le même sac, mais là ils se sont démasqués ceux qui font passer leurs revenus avant l’intérêt des patients et de la santé publique. Car le métier de médecin est spécial et doit le rester. Ils sont trop nombreux ceux qui accusent les naturopathes, homéopathes, etc. de charlatans alors que ce sont eux qui vendent sans conscience ni remords des medicaments qui font plus de morts que de guérisons.

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RITZENTHALER DORIS 3 octobre 2019 - 11 h 00 min

Je ne comprends pas ?
J’ai fait un rhumatisme articulaire aïgu à l’âge de 3 ans, puis une rechute à 11 ans à cause d’une angine dû à un streptocoque ? Sans la cortisone et la pénicilline je ne serais plus en vie ?
Le pharmacien pourra t-il détecter une infection de ce type ?

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VODG 3 octobre 2019 - 7 h 00 min

« Mais il faut savoir que le RRA est extrêmement rare : 1 à 5 cas sur 100 000[8]. » La question à se poser est: qui accepte de prendre ce risque? Mon ex-compagnon est décédé jeune d’une endocardite à strepto A en lien avec une angine non soignée….Il aurait souhaité vivre plus longtemps et les antibiotiques bien choisis auraient pu l’aider. Donc pas d’opinion aussi tranchée, svp, car les personnes influençables vous font confiance.

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Cretien 3 octobre 2019 - 0 h 04 min

Il faut cependant attribuer à l’administration immodérée des antibiotiques la quasi disparition du RAA et aussi le traitement de l’infection syphilitique parfois à l’insu du patient comme de son médecin.
Mais je suis un médecin qui a eu le très coûteux malheur, en 1990, de devoir soudainement prendre complètement en charge la santé de ses parents, que leurs médecins respectifs avaient abandonnés.
Ma mère parce qu’elle perdait la vue, le sens de l’orientation et la mémoire. Son « médecin traitant », le docteur X, qui la “suivait” depuis plus de 30 ans pour lui renouveler ses incroyables ordonnances, lui prescrivait, alors qu’il n’était ni psychiatre ni neurologue, toutes sortes de benzodiazépines, souvent plusieurs à la fois et à des doses faramineuses, en sus d’autres “tranquillisants” et médications psychiatriques.
Mon père après que j’ai dû intervenir pour lui sauver la vie alors qu’il était hospitalisé depuis six semaines. A l’hôpital Bicêtre, ses médecins, les neurologues du Service du professeur Gérard Saïd, avaient curieusement refusé, et c’était aussi illogique que stupéfiant du point vue clinique, de lui administrer le seul traitement susceptible d’avoir une petite chance de l’empêcher de mourir de la maladie de Biermer, maladie pour laquelle il avait été admis en neurologie après son passage aux Lits-Portes de l’hôpital, où les Urgentistes avaient posé ce diagnostic au terme de leur examen clinique et biologique. Les neurologues avaient prétexté que les examens para cliniques – à savoir le test de Schilling et la vitaminémie B12 – n’avaient pas confirmé le diagnostic de présomption posé cliniquement par les Urgentistes, dont Antoine Moulonguet, à présent Chef d’un Service de neurologie à La Pitié-Salpétrière. Comme un fait-exprès, ils avaient bizarrement oublié qu’en médecine « la clinique prime le laboratoire ». Je n’avais pourtant eu cesse de le leur rappeler.
A la surprise générale le malade se rétablit sous le traitement conventionnel de cette maladie, que j’avais dû en désespoir de cause mettre moi-même en route alors qu’il avait fini par sombrer dans un coma carus et qu’il était tout près de mourir.
Contre toute attente – y compris la mienne – mon père réussit à récupérer à 30/30 au MMSE ses capacités intellectuelles, mais pas l’usage de ses jambes, ni son autonomie d’avant.
Son rétablissement non seulement sema la panique au sein de l’hôpital mais fut vécu comme un camouflet par le Chef du Service responsable de cette bavure, qui fit son possible pour camoufler les inavouables et innombrables fautes commises envers le malade et inverser la donne. Jusqu’à me faire accuser par la direction de son hôpital « d’avoir moi-même sciemment fabriqué la maladie de mon père par antisémitisme ! « (sic, voir sur Google l’article n° 34640255 html « Maltraitance des personnes âgées » mis en ligne en août 2009 et « A ne pas ébruiter » mis en ligne tout dernièrement sur le « blog de leon – pierre cretien).

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Renard 2 octobre 2019 - 15 h 43 min

Si le RAA est devenu rare, le risque est toujours là avec une angine bactérienne mal soignée. Ce fut mon cas lors d’un voyage en Turquie où j’ ai eu une angine blanche comme beaucoup de personnes dans l’hôte Où je séjournais. J’ai arrêté mon traitement antibiotique turc en rentrant en France, je n’ai pas respecté la durée prescrite. Résultat un RAA qui n’a été diagnostiqué que plusieurs mois après mon angine. Un vrai calvaire !Donc soyons donc quand même prudent lorsque l’on suspecte une angine.

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Edeltraud ADAM 2 octobre 2019 - 14 h 15 min

Grand merci aux personnes de la médecine naturelle de nous informer de tant de pièges posés par les médecins et surtout des lobbys pharmaceutiques qui ne s’inquiètent pas pour notre santé, mais pour gagner des millions!

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MARLENE LECUYER 2 octobre 2019 - 12 h 51 min

Je suis d’accord avec vous mais quand vous avez 40 ou 41 de fièvre (j’ai eu des angines blanches) c’est dur de travailler dans cet état, et seul le médecin peut vous arrêter ne serait ce que 2 ou 3 jours. Reste donc à avoir un supérieur très compatissant.

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Cretien 3 octobre 2019 - 0 h 17 min

En 1991, est paru un précis de neurologie aux éditions Flammarion Médecine-Sciences intitulé « La maladie d’Alzheimer et autres démences », dans lequel le docteur Michel Serdaru, de la Fédération Française de Neurologie, attirait l’attention des praticiens sur le fait que ni un test de Schilling normal, ni même une vitaminémie B12 normale, ne suffisaient à exclure le diagnostic de maladie de Biermer. La chose était donc connue.
En août 1990 je ne l’avais évidemment pas encore lu, mais je n’avais eu cesse de répéter aux neurologues qui avaient mon père en charge au CHU de Bicêtre qu’en médecine « la clinique prime le laboratoire», un adage que l’on enseigne aux apprentis médecins dès leur première année d’études.
Ils ne voulurent rien entendre. Ils avaient décidé une fois pour toute que mon père souffrait d’une démence irréversible, « qu’il était de toute façon voué à une inéluctable plus grande aggravation » (sic, dixit le Chef de Clinique à la mi-août) .
Un mois plus tard, j’ai dû, en désespoir de cause, administrer moi-même à mon père, alors qu’il était en train de mourir, le traitement de la maladie de Biermer pour essayer de le sauver. Il n’était plus temps d’attendre alors qu’il était 19 h 15. Les pharmacies allaient fermer, et faire venir l’Interne de garde aurait été inutile et fatal. Il n’aurait probablement rien compris à la situation et aurait sûrement refusé de faire ce qu’il fallait. Déjà que les neurologues du CHU de Bicêtre m’avaient pris pour un fou (je suis psychiatre). Et pour ne pas contrarier les fous, ils avaient donner l’ordre aux infirmières de ne faire que semblant devant moi d’administrer à mon père le traitement de la maladie de Biermer. Mais les infirmières de l’hôpital Charles-Foix, où il avait été transféré, ne voulurent pas s’associer à des ordres devenus manifestement inconvenants. Quand elles ont compris que j’étais médecin, elles m’ont prévenu à temps en me montrant le cahier de prescription, que seulement un traitement à doses homéopathiques avait été ordonné alors que des doses drastiques étaient impérativement nécessaires dans cette forme de maladie pour enrayer le processus morbide et avoir une chance d’obtenir la régression des paralysies..
Le syndrome NDB12PP ne serait en fait qu’une forme clinique très fréquente de la maladie de Biermer, maladie rapidement dégénérative et mortelle sans son traitement spécifique (elle classée « urgence médicale »), sauf qu’il est trois à quatre fois plus fréquente que la forme classique de la maladie, pourtant elle-même très fréquente puisque touchant 5 à 7 % des personnes passé soixante ans.
La plupart des médecins-praticiens, même les jeunes, continue cependant encore aujourd’hui de l’ignorer, ainsi que l’on peut s’en assurer par un sondage téléphonique, alors que ce syndrome se guérit pour le prix de deux ou trois paquets de cigarettes, mais pas la maladie d’Alzheimer.
C’est ainsi que le syndrome NDB12PP jusqu’alors méconnu a été mis en évidence pour la première fois en septembre 1990. Mais j’ai aussi dû payer cher mon intervention du fait même qu’elle s’était montrée salvatrice. Tout s‘est ensuite passé comme si le fait qu’elle ait réussi avait été vécu par les médecins responsables de cette incroyable bavure comme un intolérable affront.

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