Oseriez-vous avaler ce colorant contre le cancer ?

Oseriez-vous avaler ce colorant contre le cancer ?

Cher(e) ami(e),

Vous connaissez certainement le Pr Laurent Schwartz.

C’est l’un des meilleurs spécialistes du cancer en France.

Quand il a lancé cette bouteille à la mer il y a quelque temps, j’ai aussi eu envie de comprendre :

schwartz

Je me suis aussitôt plongée dans mes recherches.

L’un des derniers articles publiés sur le sujet, en septembre 2023, m’a stupéfaite[1] :

« Des composés anticancéreux efficaces, sûrs et peu coûteux continuent d’être largement recherchés et étudiés (…). Le réexamen du potentiel pharmacologique de composés bien connus constitue un axe prometteur de développement de médicaments. Le bleu de méthylène (MB) – chlorure de méthylthioninium – peut être considéré comme l’une de ces substances. »

Oui, vous avez bien lu : le bleu de méthylène serait un excellent candidat anti-cancer !

En réalité, il l’aurait été jusqu’au début du XXe siècle… jusqu’à tomber aux oubliettes.

Est-ce parce qu’il ne coûte trois fois rien qu’il n’intéresse personne ?

Peut-être, mais d’abord, essayons de comprendre le mécanisme complexe de

La thérapie photodynamique anticancer : êtes-vous prêt à « brûler » de l’intérieur ?

Personnellement, j’ai découvert cette thérapie confidentielle.

Pourtant, elle semble utilisée depuis des années pour les cancers de la peau.

Son principe n’est pas évident : une molécule inoffensive, comme le bleu de méthylène, va s’accumuler dans les cellules à traiter.

Elle va ensuite être transformée en une molécule cytotoxique (= qui va tuer les cellules cancéreuses) sous l’effet d’une excitation lumineuse[2].

Plusieurs études solides ont montré que le bleu de méthylène avait cette action photosensibilisante : il serait donc capable de perturber les cellules cancéreuses[3]

Le bleu de méthylène serait capable de produire des espèces réactives à l’oxygène.

Or, on sait que les cellules cancéreuses, dans leur grande majorité, « ne respirent plus »[4].

Dès lors, en réactivant leur « respiration cellulaire », le bleu pourrait induire leur mort cellulaire (apoptose).

Et pour cause, cette thérapie a fait ses preuves sur le mélanome, les carcinomes, ou encore les tumeurs colorectales

… et demain peut-être sur le cancer du sein.

Car, les chercheurs indiquent que le bleu « peut inhiber le développement ducancer du sein. Pendant la thérapie photodynamique avec MB, la croissance tumorale était significativement plus faible que dans les groupes témoins[5]. »

Si vous êtes concerné, parlez-en avec votre médecin avant d’en prendre en automédicamentation. Il existe des contre-indications sérieuses, notamment en cas de prise d’antidépresseurs, type ISRS[6]

(Sachez toutefois que le Pr Schwartz recommande 1 gélule de 75 mg, deux fois par jour.)

Si le cancer semble être un domaine très prometteur pour le bleu de méthylène, c’est loin d’être le seul :

280 mg de bleu de méthylène… pourraient restaurer votre mémoire

Cet exploit est certes surprenant mais pas nouveau :

« La stimulation de la mémoire par de faibles doses de bleu de méthylène a été décrite pour la première fois chez le rat il y a plus de 30 ans[7]. »

En 2016, des chercheurs du Texas ont donc testé cette hypothèse sur 26 volontaires, de 22 à 62 ans.

Par tirage au sort, ils ont distingué ceux qui prendraient 280 mg de bleu de méthylène de ceux qui auraient un placebo.

Tous ont subi des tests d’attention et de mémoire à court terme avant et 1h après.

Résultats : ceux qui ont pris du bleu de méthylène avaient une plus grande activité dans les aires cérébrales dédiées à l’attention.

Surtout, leurs réponses étaient meilleures sur les questions de mémoire (+7 % par rapport au placebo)[8].

Pour les auteurs, il est indispensable d’approfondir ce « traitement prometteur » contre Alzheimer et les autres troubles neurodégénératifs.

Mais comment expliquer qu’un colorant soit un excellent neuroprotecteur, en réactivant des circuits cérébraux ?

La réponse se trouve probablement dans un mécanisme épatant :

Ce bleu protège vos mitochondries (votre bouclier anti-vieillissement intérieur et extérieur)

Quand vos mitochondries (vos usines à énergie) se dégradent, votre organisme vieillit.

Or, on sait que ce dysfonctionnement mitochondrial est présent dans de nombreuses pathologies neurodégénératives.

C’est là que le bleu de méthylène trouve son intérêt car :

  • il augmente la quantité des mitochondries[9],
  • il augmente la fabrication d’ATP, la source d’énergie de vos cellules,
  • il atténue le stress oxydatif qui nuit aux mitochondries.

Pour le dire autrement : vos cellules sont mieux oxygénées[10]… et donc en meilleure forme !

Et cela se voit même sur votre peau !

Jugez par vous-même[11] :

peau méthylène

Cette étude de l’université du Maryland en 2017 a fait l’effet d’une bombe dans la médecine anti-âge car le bleu de méthylène[12] :

  • stimulerait la production de fibroblastes (qui produisent le collagène),
  • retarderait la sénescence cellulaire (les cellules meurent moins vite),
  • éloignerait l’effet du stress oxydatif,
  • modifierait l’expression des gènes du vieillissement (y compris chez les plus de 80 ans),
  • accélérerait la cicatrisation.

Résultat : la peau artificielle, traitée pendant 4 semaines avec du bleu de méthylène, était plus épaisse et mieux hydratée (2 caractéristiques d’une peau jeune).

Le tout, sans avoir la peau bleue – car les dosages étaient très faibles. (Je vous déconseille toutefois d’en mettre dans votre crème de jour !)

Pas étonnant que le bleu de méthylène se retrouve dans nos cosmétiques à l’avenir[13] !

Alors, un médicament essentiel ?

Figurez-vous que ce n’est même pas pour cela que le bleu de méthylène est classé par l’OMS parmi les médicaments essentiels.

En effet, c’est l’antidote de référence des infections graves du sang, les méthémoglobinémies, à l’hôpital et dans les centres anti-poison.

Mais surtout, c’est un antibiotique de la première heure, que l’on redécouvre avec l’augmentation de la résistance de certains antibiotiques.

Si le bleu de méthylène a d’abord servi à repérer les parasites et les levures, sur des prélèvements, des pionniers ont rapidement identifié son potentiel thérapeutique.

Car comme d’autres colorants, le bleu est capable de tuer les microbes pathogènes.

C’est le cas du Plasmodium, le parasite responsable du paludisme (malaria), sur lequel le bleu est foudroyant.

À tel point qu’à la fin du XIXe siècle, les populations des zones infestées sont presque toutes traitées au bleu de méthylène.

Son efficacité est remarquable, de l’ordre de 100 % quand le bleu est administré dans les 7 jours[14].

Son seul reproche ? Une coloration bleu-vert des urines et quelques vomissements (souvent dus à l’amertume). Aucun cas grave d’intoxication n’est enregistré[15].

Avec l’apparition des antipaludiques synthétiques, il est là encore relégué aux oubliettes…

Gageons toutefois qu’avec les limites rencontrées par la médecine chimique, ce remède mis au point en 1876 par le chimiste allemand Caro, retrouve ENFIN ses lettres de noblesse.

L’explosion des recherches est en tout cas de bon augure :

études bleu

Le « boulet magique », tel qu’il était surnommé, n’est pas prêt d’avoir dit son dernier mot !

D’autant plus qu’un laboratoire marseillais[16] a réussi à purifier 50 fois plus le bleu de méthylène.

Ses impuretés pouvaient, par le passé, engendrer des effets secondaires en raison du fait que le bleu ‘’chélate’’ les métaux lourds.

Ce n’est désormais plus le cas, ouvrant de prometteuses perspectives !

Et vous, utilisiez-vous le bleu de méthylène quand vous étiez enfant ? Est-ce toujours le cas aujourd’hui ?

Vos réponses m’intéressent !

Prenez soin de vous,

Catherine Lesage

  1.  https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC10568458/#B18
  2. https://www.revmed.ch/revue-medicale-suisse/2014/revue-medicale-suisse-424/nouvelle-lumiere-sur-la-therapie-photodynamique-cutanee
  3.  https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/34833254/
  4.  https://www.unige.ch/campus/files/2114/7246/8265/campus110_recherche2_2RE2.pdf
  5.  https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC10568458/#B18
  6.  https://ismpcanada.ca/wp-content/uploads/BISMPC2015-08_BleuMethylene.pdf
  7.  https://francais.medscape.com/voirarticle/3602518?form=fpf
  8. https://www.santelog.com/actualites/declin-cognitif-le-bleu-de-methylene-ameliore-la-memoire-court-terme
  9.  https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/28840449/
  10.  https://guerir-du-cancer.fr/essai-ouvert-testant-le-bleu-de-methylene-dans-le-covid-19/
  11. https://www.nature.com/articles/s41598-017-02419-3
  12. https://www.futura-sciences.com/sante/actualites/biologie-bleu-methylene-ralentirait-vieillissement-peau-50380/
  13.  https://sciencepost.fr/le-bleu-de-methylene-nouveau-composant-des-futures-cremes-solaires/
  14. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC5979000/#:~:text=Methylene%20blue%20(MB)%20was%20the,model%20and%20in%20rhesus%20monkeys.
  15.  idem
  16. https://www.latribune.fr/regions/paca/20130716trib000776050/pharmacie-provepharm-remet-le-bleu-de-methylene-a-l-honneur.html
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Commentaires
  • Gille Pierre Marie
    24 mars 2024 à 19h57

    bonjour, y a-t-il des documents écrits, un livre concernant le sujet ?

  • Colette Borel
    24 mars 2024 à 20h00

    Bonjour
    merci pour votre information concernant le bleu de méthylène .
    Quand j’étais petite (il y a longtemps, j’ai 75 ans) et que j’avais mal à la gorge, ma maman me badigeonnait la gorge avec.
    Par contre pour être honnête je ne me souviens plus de l’effet produit.
    Merci pour vos recherches
    Colette

  • GEISS
    24 mars 2024 à 20h02

    petite ma mère sougnait les maux de gorge avec du bleu de méthylène. les infections urinaires disparaissaient avec des comprimés de bleu de m .. justement comment retrouver ce produit si efficace ??

  • Mireille Gondat
    24 mars 2024 à 20h47

    Bonjour et merci pour vos messages toujours très très intéressants. Personnellement, je me souviens que, lorsque nous étions petits ,(dans les années 1950/1960 nos parents soignaient nos problèmes d’angine rouge avec des bâtonnets imbibés de bleu de méthylène (ce n’était pas facile a supporter car
    il fallait allait déposer le produit sur les amygdales) mais le bienfait était immédiat !
    Malheureusement, nous nus pouvions plus trouver ce produit miracle … Comme vous le dites, ce n’était certainement pas assez rentable point de vue des prix de vente ! Mais quelle efficacité .

  • PERICCHI
    24 mars 2024 à 21h24

    Bonjour
    Oui de mon enfance à mon adolescence j’ai utilisé le bleu de méthylène en badigeonnages pour soigner les angines; c’était très efficace puis cette substance est devenue introuvable en pharmacie car considérée comme toxique et dangereuse
    J’utilise actuellement des spray de propolis ; c’est également très efficace

  • Geneviève Dozoul
    25 mars 2024 à 1h02

    Bonsoir, j’ai 67 ans, quand j’était enfant ma mère utilisait le bleu de méthylène pour soigner les angines essentiellement. J’en suis moins sûre mais il me semble qu’elle en mettait aussi sur des plaies purulentes ou en tout cas difficiles a soigner.
    Je suis contente que ce produit soit remis en lumière.
    Merci

  • TROC
    25 mars 2024 à 10h15

    Je me souviens que dans les années 60-70 ,à l’école primaire , l’infirmière nous soignait les aphtes avec du bleu de méthylène.Nous avions régulièrement des aphtes car la responsable de la cantine nous obligeait à manger les peaux d’orange…. A choisir , et suivant mes souvenirs , nous préférions le goût du bleu de méthylène à celui des pelures d’orange…Et en plus on avait la bouche toute bleue ….C’était une façon de se distinguer sans faire de bruit ( les coups de règle sur le bout des doigts étaient douloureux….Mais c’est une autre histoire….

  • Mayer Claire-Lise
    25 mars 2024 à 17h03

    J’ai 75 ans. Comme enfant, (dans les années 1950 à 1965 env.) mes parents nous soignaient avec du bleu de méthylène pour des angines, en badigeons du font de gorge. Ce n’était pas très agréable, un peu dur le goût, mais certainement efficace, je n’ai pas de souvenirs plus précis.

  • Menager Brigitte
    25 mars 2024 à 19h10

    Bonjour,
    Lorsque j’étais enfant, mon père, qui était pharmacien, nous badigeonnait le fond de la gorge avec le bleu de méthylène, lorsque nous avions une angine. Et ça marchait à tous les coups. Faire pipi bleu, nous les enfants ça nous amusait plutôt !!!!
    Par contre, je ne savais pas que ça existait toujours
    Merci pour votre lettre
    Brigitte

  • ROUX
    27 mars 2024 à 20h45

    Bonjour
    pourriez-vous m’indiquer une marque, un site fiable pour commander du bleu de méthylène officinal 1%
    Merci
    Cordialement
    Anne Marie

  • Yvonne
    28 mars 2024 à 18h02

    Etant jeune, j’ai utilisé le bleu de méthylène pour soigner des cystites.

  • BLAZY
    17 avril 2024 à 20h08

    Oui en collutoire en cas d’angine quand j’étais petite dans les années 1960

  • LE CERF Joelle
    28 octobre 2024 à 14h55

    Bonjour,
    Super article
    Merci
    Ou peut on trouver du bleu de méthylène ?
    Avec contrôle bien sûr pour éviter les métaux lourds !
    En Allemagne ?

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