Stupéfiant : ces découvertes ouvrent-elles la voie à… l’immortalité ?

Voilà ce que j’ai entendu, mot pour mot, à un congrès international sur le vieillissement.

Sur le coup, cela m’a bien fait rigoler. Quelle absurdité, n’est-ce pas !

Peut-être, mais… celui qui l’a prononcée n’est pas n’importe qui.

Il s’appelle Laurent Alexandre, et il possède un des CV les plus invraisemblables que j’ai jamais vu :

  • Médecin urologue
  • Chirurgien
  • Diplômé de Sciences Po Paris
  • Diplômé d’HEC
  • Diplômé de l’ENA
  • Et fondateur du site Doctissimo !

Quelle mouche a piqué un esprit aussi brillant pour dire une énormité pareille ?

La réponse, j’ai fini par la trouver : on a découvert des mécanismes de longévité hallucinants chez nos amies les bêtes.

Et il faut bien le reconnaître, cela fait rêver :

Turritopsis nutricula : la méduse immortelle

Cela ne fait que 20 ans que cette méduse très particulière (Turritopsis nutricula) a été découverte.

Contrairement à certaines de ses congénères qui atteignent 6 mètres de long, cette méduse-là ne mesure que… 5 millimètres.

Mais du haut de son demi-centimètre, elle réussit un exploit qui paraissait biologiquement impossible : l’immortalité.

C’est le professeur Stefano Piraino, qui raconte comment tout a commencé :

« La découverte a été réalisée un peu par hasard. Un étudiant avait laissé une méduse sur son plan de travail pendant un week-end. En retournant au laboratoire le lundi, au lieu de trouver une méduse, il a trouvé le polype. » [1]

Un polype, c’est le premier stade de la vie chez certaines méduses – cela ressemble à un corail ou une anémone de mer.

La méduse Turritopsis nutricula avait donc rajeuni et était retourné à son état premier.

Et ce n’était pas un « accident » : c’est sa façon de vivre à elle… et elle répète ce petit numéro indéfiniment !

Au départ, elle vieillit normalement. Puis, à un stade comparable à celui de la ménopause, quelque chose se produit… et elle se met à rajeunir jusqu’à l’équivalent de la puberté !

Puis elle vieillit à nouveau… elle rajeunit encore… dans un cycle sans fin !

Cette méduse est tout simplement immortelle.

Bien sûr, elle n’est pas indestructible pour autant : elle peut être tuée par des prédateurs ou mourir de faim. Mais si les conditions le permettent, elle peut se régénérer sur un temps infini.

Inutile de vous dire que ce petit animal suscite la passion de très nombreux laboratoires de biologie à travers le monde !

Mais ce n’est pas le seul : cet autre animal fascine aussi les scientifiques :

L’hydre qui ne vieillit jamais

Contrairement à l’hydre monstrueux de la légende, celui dont je vous parle ici n’a qu’une seule tête… et ne mesure qu’un centimètre !

Mais comme dans le mythe, notre hydre est capable de faire repousser sa tête si on la coupe !

Comment ? Grâce à son stock de cellules souches, qu’elle a la capacité de réactiver quand elle veut.

C’est un phénomène extraordinaire, impossible chez l’être humain.

A la conception, nous sommes tous composés de deux cellules souches embryonnaires, puis 4, puis 6, jusqu’à 16 au maximum.

Ce sont ces cellules très particulières qui « créent » nos organes : notre cœur, nos os, nos poumons, notre cerveau, etc.

En grandissant, nous conservons certaines cellules souches, mais ce ne sont plus les mêmes : elles peuvent « réparer » une jambe écorchée, mais pas la faire repousser.

L’hydre, lui, est capable à tout moment de faire appel à ses cellules souches pour se régénérer ou reconstruire un organe.

Et ce n’est pas le moindre de ses exploits. Le résultat de son extraordinaire capacité à se régénérer, c’est qu’il ne vieillit pas !

Contrairement à notre méduse, il ne fait pas de « va-et-vient » entre vieillesse et jeunesse. Non, il se contente de rester jeune indéfiniment, grâce au renouvellement perpétuel de toutes ses cellules.

Enfin, c’est vrai pour certains types d’hydres, pas tous… et c’est une chance énorme pour les scientifiques, car ils pourront comparer les hydres qui restent jeunes éternellement à ceux qui vieillissent et meurent… et peut-être découvrir le secret de l’immortalité ?

Ces oursons d’eau indestructibles sont-ils des « extra-terrestres » ?


© Eye of Science/Science Source

Les tardigrades (surnommés « oursons d’eau ») sont un autre prodige de la nature.

Ils sont vraiment petits (un millimètre), mais ils ont bien une tête, un système nerveux, un corps et huit pattes… et on en trouve un peu partout sur notre planète.

Une chose est sûre : ce seront les derniers animaux à survivre si la bêtise humaine finit par rendre notre planète inhabitable.

Pourquoi ? Mais parce qu’ils sont tout simplement… indestructibles !

Ils peuvent survivre quelques jours à – 272 °… et plusieurs minutes à 151° !

Grâce à des chercheurs japonais, on a même appris récemment qu’ils peuvent « ressusciter » après 30 ans emprisonnés dans de la glace !

On le sait grâce à une expédition dans l’Antarctique menée en 1983. Les chercheurs ont recueilli des échantillons de mousse qu’ils ont placé au congélateur, à -20 °.

Dans cette mousse, il y avait deux tardigrades. Et lorsque les Japonais ont décidé de les « décongeler » en 2014, ils ont eu la belle surprise de les voir… se réveiller !

Ils les ont appelés « sleeping beauty », ou « belle au bois dormant », même si ce ne sont pas des canons de beauté. Et l’une des deux tardigrades a même pondu 19 œufs, dont 14 sont allés jusqu’à l’éclosion !

Encore plus fort : le tardigrade est aussi le seul animal connu à pouvoir survivre dans le vide spatial.

Une petite capsule russe contenant des tardigrades a été envoyée dans l’espace en 2007… et les braves tardigrades sont revenus vivants !

Un exploit qui a immédiatement nourri les théories les plus folles : et si les tardigrades étaient des « extra-terrestres », arrivés sur terre par des comètes ?

Ce qui est sûr, c’est qu’ils ont réellement des super-pouvoirs.

Quand les mêmes chercheurs russes les ont bombardés d’ultraviolets, tous les tardigrades qui ont subi des UVA ont survécu ! Et même ceux soumis à des UVB ont été 20 % à s’en sortir vivant !

Et ce qui est très excitant d’un point de vue scientifique, c’est que des chercheurs japonais viennent de comprendre comment nos tardigrades résistent à ces radiations.

Grâce au séquençage de l’ADN des tardigrades, ils ont découvert une protéine très particulière, qui protège l’ADN des dommages des radiations.

Et cette protéine pourrait être très prometteuse pour les êtres humains : quand ils l’ont ajoutée à des cellules humaines, ils ont constaté que cela suffisait à réduire de 40 % les dommages causés par les radiations !

Là encore, ce sont de belles perspectives pour la recherche scientifique.

Le rat-taupe nu, nouveau Mathusalem

Le rat-taupe nu n’a peut-être pas de « super-pouvoir » aussi spectaculaire mais ses performances nous intéressent beaucoup plus directement.

Car c’est un mammifère, donc un animal très proche de nous biologiquement.

Ce qui en fait une espèce étonnante, c’est qu’il peut vivre jusqu’à 30 ans.

Cela ne vous paraît peut-être pas beaucoup, mais c’est à peu près 8 fois plus que ses congénères les rats, qui ne vivent que 3 à 5 ans.

C’est comme si une branche de l’espèce humaine pouvait vivre 600 ans !

Et le plus fort, c’est que le rat-taupe nu ne subit pas de déclin, et encore moins de décrépitude : il reste en pleine forme jusqu’à la fin de sa vie !

Il conserve de bons muscles et des os bien minéralisés. On ne trouve aucune trace d’Alzheimer ou de dégénérescence dans son cerveau, ni de plaque d’athérosclérose dans ses artères.

Ce n’est qu’à l’extrême fin de sa vie qu’il se dégrade brutalement et meurt.

Encore plus fascinant : il ne développe jamais de cancer (par comparaison, 70 % des rats et souris en captivité meurent du cancer !) [2]

Et ce n’est pourtant pas faute d’avoir essayé d’en déclencher… « Quand on lui implante des tumeurs cancéreuses, même agressives, il les rejette. Quand on l’expose à des cancérigènes chimiques, rien ne se passe », explique le Dr Saldmann.

Là encore, il y a du beau travail de recherche devant nous !

Encore quelques animaux qui nous étonnent

Je pourrais aussi vous parler de l’axolotl, une salamandre du Mexique qui reste jeune toute sa vie. Un peu comme l’hydre, l’axolotl a une exceptionnelle capacité de régénération : il peut recréer un œil manquant, ou même des parties de son cerveau si elles ont été détruites

Il y a également le mystère du sébaste à œil épineux. C’est une sorte de très gros rouget, qui peut mesurer jusqu’à un mètre de long…. Et qui a une espérance de vie de 205 ans ! Et lui aussi ne vieillit pas, ou quasiment pas. A 70 ans, la femelle garde même une excellente fécondité.

Enfin, il faut citer le requin du Groenland, car c’est le doyen des vertébrés ! Il vit dans des eaux froides et profondes, jusqu’à 2 000 mètres de profondeur.

Il ne se reproduit qu’à partir de l’âge de 150 ans… et peut vivre jusqu’à 400 ans !

Retour sur Terre

Toutes ces merveilles font réfléchir : et si la capacité à vivre des centaines d’années sans maladie était à portée de main ?

Et si l’immortalité n’était pas qu’un fantasme de science-fiction, mais un simple mécanisme cellulaire qui existe déjà dans la nature ?

Comme beaucoup de monde, je pensais que c’était totalement impossible… mais j’ai changé d’avis en faisant connaissance avec ces animaux extraordinaires.

En revanche, je reste convaincu d’une chose : c’est que ce n’est pas pour demain.

Il faudra des décennies, peut-être même des siècles avant qu’on ne puisse faire de réelles percées scientifiques, applicables à l’être humain.

Non, l’homme qui vivra 1 000 ans n’est pas déjà né.

Faut-il rappeler que, malgré toute sa technologie, notre médecine « moderne » reste

  • Totalement démunie contre Alzheimer ;
  • En échec depuis 40 ans contre le cancer ;
  • Incapable de guérir l’arthrose ou le diabète ;
  • Privée de moyens d’action contre le rétrécissement des artères ;
  • Impuissante face à des maladies comme l’autisme ;
  • etc.

Qu’a-t-elle à proposer aujourd’hui aux vieillards qui perdent la tête, qui deviennent sourds, qui ont mal partout, qui deviennent incontinents ou qui n’ont plus la force de se lever ?

L’espérance de vie des Français a même diminué en France en 2015, pour la première fois depuis des décennies !

Alors il vaut mieux redescendre sur terre… et ne pas trop compter sur les cellules souches ou les nanotechnologies pour vivre longtemps et en bonne santé.

Pour notre génération, il n’y aura pas de miracle : c’est en prenant le plus grand soin de notre corps et de notre esprit que nous aurons la chance de faire comme le rat-taupe nu : vivre jusqu’au bout en pleine forme.

Ce n’est pas l’immortalité, mais c’est déjà immense !

Sources

[1] Cité par Christophe de Jaeger dans Longue Vie, Editions Thélémaque, 2015

[2] Jamais ? Pas tout à fait, puisqu’un individu de cette espèce l’a finalement attrapé tout récemment, mais cela reste rarissime ! https://www.sciencesetavenir.fr/sante/cancer/les-rats-taupes-nus-aussi-attrapent-le-cancer_101200

35 commentaires

Auvray 12 septembre 2021 - 21 h 07 min

C’est incroyable, je n’avais pas du tout vu votre article sur mon smarphone aujourd’hui, je l’ai lu que ce soir sur l’immortalité alors que justement ce matin je pensais à l’immortalité humaine. Je me disais que si la science pouvait trouver un vaccin ou autre chose qui ferait que l’ont ne mourrait plus où qui pourrait nous faire vivre 500 ans, ca serait merveilleux, nos vies sont si courtes.

Répondre
Tzatzanas Stellios 13 mai 2021 - 22 h 39 min

Pourtant je suis sure que dans moins de 5 ans je prouverai qu’on peut vivre plusieurs siècles!!!
Rigole…mais vous aller voir!!!
L’homme vielli trop vite a cause de l’égoïsme de la sience ce croit plus forte que la Nature!!!

Répondre
maryse. cheramy 11 février 2021 - 9 h 55 min

iL N’y a rien d’étonnant à ce que l’espérance de vie diminue par ce que les maladies de dégénerence dont vous parlez ce sont des maladies de civilisation,tout est fait pour que les gens meurent rapidement et surtout en cette période,moi je suis effarée en entendant parler des gens et des gens diplomés je dirai même avec des diplômes gros comme les bras qu’ils n’aient aucune connaissance dont fonctionne le corps humain,cela fait 45 ans que j’étudie tout ça la naturopathie plus toutes les sciences énergétiques,ça me passionne,vous savez chacun sur terre à sa mission,moi je suis faite pour servir la VIE,et ça me rends très heureuse je suis avec le Christ,mais là aussi je suis très étonnée du comportement de ceux qui ont la foi,lorsqu’on a la FOI ON NE CRAINT RIEN PUISQUE ON A CETTE PROXIMITE AVEC DIEU,et vraiment je trouve certains très trouillards….

Répondre
TISSIER 15 juin 2020 - 17 h 30 min

Ce que je constate, c’est que l’humain, s’étonnant de la beauté de la Nature, trouve surtout encore et toujours des animaux à torturer dans des laboratoires immondes. On appelle cela la science. Pour devenir immortel ? Qui ? Pourquoi ? De quel droit ???
On peut s’extasier de toutes ces créatures, fort logiquement, mais il vaudrait mieux dépenser des fortunes pour trouver des moyens d’analyses et d’observation, d’un seul de chacun d’entre eux, en respectant son intégrité physique et son bien-être. Et à ce moment précis, oui, nous serions bien proches de l’immortalité, car nous correspondrions à ce pourquoi nous vivons : être témoin de la beauté du monde, l’analyser dans le moindre détail, grâce à notre intelligence, sans la toucher.

Répondre
Sylvain 4 mars 2020 - 12 h 57 min

Ce n’est pas Laurent Alexandre qui a inventé la célèbre phrase « L’homme qui vivra 1000 ans est déjà né ».

Il n’a fait que citer Aubrey de Grey qui l’a dit dans une conférence.

Répondre
1 2 3 4

Répondre à khaled Annuler la réponse