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Cher(e) ami(e),

Imaginez un animal qui pèse plusieurs tonnes et qui vit plus longtemps que nous…

Et qui échappe presque totalement au cancer[1] !

Cet animal, c’est l’éléphant.

Ce mystère intrigue les chercheurs depuis des décennies.

Car comment une telle masse de cellules peut-elle rester à l’abri des tumeurs ?

La réponse tient peut-être dans un bouclier biologique hors du commun :

🧬 P53 🧬

Un gène que nous possédons tous… mais en un seul exemplaire.

Alors que les éléphants, eux, en détiennent 20 copies !

Est-ce leur secret anti-cancer ? Cela est fort probable[2] !

Bonne nouvelle : même si vous ne pouvez pas multiplier vos copies de P53, vous pouvez déjà activer et protéger ce gardien de vos cellules dès aujourd’hui…

Mais d’abord, laissez-moi vous raconter l’incroyable saga scientifique de P53.

P53 : de ‘’complice du cancer’’ à ‘’gardien de votre génome’’

Sa fabuleuse histoire commence dans les années 1970.

Deux chercheurs, David Lane (Royaume-Uni) et Arnold Levine (États-Unis), tombent nez à nez avec une protéine mystérieuse en étudiant un virus oncogène (le SV40).

Comme elle est très abondante dans les cellules tumorales, on la croit d’abord responsable du cancer.

Pendant toute la décennie 80, P53 est donc considéré comme un « complice des tumeurs ».

Mais dans les années 90, coup de théâtre : les chercheurs réalisent qu’ils travaillaient en fait avec des versions mutées de P53.

Lorsqu’ils réussissent à isoler la version saine, la réalité est tout autre :

  • P53 freine la division des cellules quand l’ADN est endommagé ;
  • et peut même ordonner la mort programmée (apoptose) si le dommage est irréparable.

Cette protéine n’est donc pas un accélérateur du cancer… mais son meilleur bouclier !

Le rétropédalage est total !

Et la suite des analyses le confirme : plus d’un cancer sur deux présente une mutation de P53, ce qui en fait le gène le plus souvent altéré en cas de cancer.

Voici comment P53 est passé du statut de « suspect numéro un » à… celui de « gardien du génome » !

P53 : qui est cet ami qui vous veut du bien ?

En réalité, P53 est un gène présent dans toutes vos cellules.

Ce gène va fabriquer une protéine, elle aussi appelée P53.

C’est cette protéine qui va jouer le rôle de « policière » de vos cellules, car elle surveille de très près votre ADN.

Pour faire simple, elle fait 3 choses :

> elle surveille que la division cellulaire se passe bien malgré votre âge, les radiations, les toxiques…

> si votre ADN est abîmé, elle va arrêter la division, le temps que votre organisme se répare ;

> s’il y a trop de dégâts irréversibles, P53 va ordonner à la cellule de s’autodétruire (apoptose), pour éviter qu’elle ne devienne cancéreuse.

Réparer P53 quand il déraille… le rêve de demain ?

Concrètement, dans un cancer sur deux, cela signifie que ce système de surveillance n’est plus efficace :

  • les erreurs d’ADN s’accumulent,
  • la cellule continue de se diviser sans cesse,
  • le risque de tumeur augmente.

Ce n’est pas qu’une curiosité scientifique : cela vous concerne directement !

Car si les chercheurs parvenaient à réparer P53, ce serait comme restaurer la police de votre ADN

… et peut-être détenir des pistes prometteuses contre le cancer[3].

En attendant, vous pouvez commencer dès aujourd’hui :

Votre allié anti-cancer, votre « protocole P53 » !

Par vos choix quotidiens, vous pouvez contribuer à protéger et/ou restaurer votre « gardien », comme :

  • manger des crucifères (brocoli, kale…) : les composés organo-soufrés activent P53, de même que le sulforaphane du brocoli, contribue à sa stabilisation[4] ;
  • ajouter du curcuma sur vos plats : ce polyphénol court-circuite les MDM2 qui peuvent neutraliser P53. À haute dose, la curcumine peut même aider à éliminer les P53 mutés…
  • du raisin bio pour une cure en resvératrol : il active également P53, tout en neutralisant ceux qui lui nuisent ;
  • veillez à avoir de bons apports en vitamines C et E qui réduisent le stress oxydatif global. Conclusion : plus de légumes, de fruits et de végétaux dans votre assiette au quotidien ;
  • buvez du thé vert bio pour son EGCG, ce puissant antioxydant qui protège également P53 en réduisant les niveaux de MDM2 actifs[5] ;
  • misez sur la génistéine ouisoflavone de soja, un composé phyto-oestrogénique qui stabilise également P53[6] (on en trouve dans la farine de soja, ou le natto) ;
  • pensez à la grande camomille et son principe actif, le parthénolide, un sesquiterpène lactone aux propriétés anti-inflammatoires et anticancéreuses via le soutien de l’activité de P53[7].

D’autres études ont également montré un intérêt chez le triptolide, ‘’tonnerre de Dieu’’, issu de la vigne chinoise[8]. D’autres plantes, comme le coton[9](gossypol) ou la plante Plumbago[10] (plumbagin) sont également de ressources prometteuses pour leur action anti-MDM2.

Vous le faites certainement déjà tous les jours[11], mais pensez à vous supplémenter en vitamine D, à raison de 2000 UI/jour – au minimum de septembre à mai.

L’essai clinique randomisé contre placebo, AMATERASU[12], a montré que, pour les patients ayant un cancer digestif avec P53 muté, le risque de récidive ou de décès était 2,5 fois plus faible en cas de supplémentation en vitamine D ! C’est énorme !

En d’autres termes, 80 % des malades prenant de la vitamine D étaient encore en vie après 5 ans, contre 30 % sous placebo.

Conclusion : la vitamine D a un impact direct sur P53 muté, sur l’environnement tumoral et aussi en prévention ! Vous auriez donc tort de vous en priver…

Et last but not least, gardez en tête que vos habitudes quotidiennes peuvent activer ou désactiver certains gènes[13] :

  • avoir un sommeil de qualité et régulier : la mélatonine possède des propriétés anticancéreuses. Une supplémentation en mélatonine a même montré une amélioration significative des marqueurs de réparation de l’ADN par rapport à un placebo[14].
  • faites de l’exercice régulièrement : vous stimulez P53 et le maintenez en alerte, tout en inhibant les MDM2 ;
  • évitez le stress oxydatif cellulaire : trop de radicaux libres endommagent l’ADN, comme le tabac ou une alimentation déséquilibrée…

Accordez-vous régulièrement des périodes de jeûne intermittent ou de légère restriction calorique : de nombreuses études montrent qu’elles freinent les mécanismes pro-cancérogènes.

Même lors d’une chimiothérapie, 48 heures de jeûne suffisent à réduire les effets secondaires… sans diminuer l’efficacité du traitement.

Pourquoi ? Parce que les cellules normales, protégées par P53, stoppent leur cycle pour se mettre en sécurité.

Les cellules tumorales, elles, privées de P53 fonctionnel, continuent de proliférer… et deviennent ainsi plus vulnérables à la chimiothérapie[15].

C’est tout le travail du chercheur de renommée mondiale Valter Longo, pionnier dans ce domaine.

Autant dire que ce petit gène n’est pas seulement un protecteur !

Il représente un formidable espoir pour prévenir le cancer, et peut-être un jour inverser son cours.

Et pour cela, chaque choix compte !

Prenez soin de vous et de ce trésor,

À bientôt,

Catherine Lesage

Sources :

[1] https://www.ox.ac.uk/news/2022-07-15-elephant-genes-could-hold-key-avoiding-cancers
[2]https://news.cancerresearchuk.org/2023/08/12/can-elephants-get-cancer/#:~:text=It’s%20so%20important%20for%20protecting,or%2040%20versions)%20of%20TP53
[3] Si ce n’est pas pour demain, des essais sont déjà en cours pour réactiver P53 quand elle est bloquée mais non mutée : certaines protéines (les MDM2) peuvent bloquer son fonctionnement ; réparer P53 quand elle est mutée : les essais sont encore balbutiants mais visent à « refonctionnaliser » la protéine ; réintroduire une P53 saine, mais là, on est carrément au stade d’apprenti sorcier…
[4] https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC6176154/
[5]https://www.nature.com/articles/s41467-021-21258-5#:~:text=In%20this%20work%2C%20we%20demonstrate,cancer%20effect%20of%20EGCG
[6] https://www.lanutrition.fr/bien-dans-son-assiette/aliments/le-soja/les-isoflavones-du-soja
[7] https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/20354259/
[8] https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC5514447/
[9] https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC9028974/
[10] https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0278691518308421
[11] Je rappelle ici que prendre de la vitamine en ampoule mensuelle ou hebdomadaire est inefficace. Choisissez toujours la vitamine D en gouttes journalières, à prendre matin/midi ou soir, peu importe.
[12] https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/37606927/
[13] https://p53university.com/lesson/intro-to-the-p53-diet/
[14]https://www.santelog.com/actualites/la-melatonine-pour-restaurer-ladn-apres-le-travail-de-nuit#:~:text=La%20suppl%C3%A9mentation%20en%20m%C3%A9latonine%20pourrait%20effectivement%20aider,%C3%A0%20l’Universit%C3%A9%20de%20la%20Colombie%20britannique%20(Vancouver).
[15] https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/21516129/

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