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Cher(e) ami(e),

Va-t-on voir le retour en force de ces tabourets destinés aux « podagres »[1] dans les enseignes d’ameublement[2]?

Ce n’est pas impossible !

Car la goutte concerne aujourd’hui un Français sur 100 !

Et c’est même… le rhumatisme inflammatoire chronique le plus fréquent dans le monde !

Fini la goutte qui ne touchait que les hommes « bons vivants », les « rois » et « les riches »[3] !

Car peu de ‘’puissants’’ ont été épargnés : Henri VIII, Louis XIV en passant par Charles Quint ou Frédéric II de Prusse, et même Jacques Chirac…

À tel point qu’elle a longtemps été considérée comme un « marqueur de réussite sociale, le prix à payer de l’opulence[4] ».

Pourtant, de nos jours, avec l’obésité galopante, elle touche hommes et femmes[5], jeunes et moins jeunes, riches et pauvres… et même des pays jusqu’ici épargnés !

Autant vous dire que vous ou vos proches ne sont peut-être pas autant à l’abri qu’on ne le croit…

Voici pourquoi :

La goutte, la maladie du « trop » ?

La goutte a toujours été associée à l’abondance : trop de viande, trop d’alcool, trop de gras, trop de sucre…

Qui dit excès, dit aussi « punition » : c’est ainsi que ceux qui abusaient de la bonne chère… payaient.

Et cher !

Car la goutte, c’est un pied qui gonfle, rougit, devient chaud, tape et fait très mal :

En réalité, voici ce qui se passe à l’intérieur :

En vert, les coupables : une accumulation de microcristaux d’urate de sodium.

Quand tout se passe bien, votre foie produit de l’acide urique, un déchet issu de la dégradation de certaines protéines, comme les purines[6|, et certains sucres, comme le fructose.

Ensuite, il est éliminé dans vos urines.

Quand il y en a trop, cet acide va se « cristalliser » et se concentrer au niveau de vos extrémités, comme le premier orteil[7].

Le problème de ce déchet, c’est qu’il est très encrassant et acidifiant.

Il va donc créer une réaction inflammatoire aiguë extrêmement invalidante.

La goutte est l’une de ses manifestations, mais un excès d’acide urique (hyperuricémie) peut aussi avoir un impact sur la santé de vos reins, votre hypertension ou encore votre risque cardio-vasculaire[8] !

C’est pourquoi votre médecin fait régulièrement doser votre taux d’acide urique qui devrait être situé entre 60 à 70 mg par litre.

La faute à l’alimentation, oui mais…

Même si le facteur alimentaire est certain, des chercheurs américains ont mis en lumière en 2009 des prédispositions génétiques.

Chez les personnes souffrant de goutte, le gène ABCG2 présente une variation particulière.

En temps normal, une ‘’pompe à vidange’’ est chargée d’évacuer l’acide urique hors de nos cellules.

Mais chez certaines personnes, cette pompe est en panne, l’acide urique s’accumule, et ce débordement déclenche des crises. 

Bien sûr, cette hypothèse déculpabilise les goutteux.

Mais attention, la génétique n’explique pas tout : une alimentation riche en purines et en fructose peut à elle seule déclencher une crise !

Voici comment réguler votre acide urique au quotidien

Le premier réflexe, c’est évidemment de limiter les aliments riches en purines comme : 

  • certains produits de la mer et surtout les crustacés et petits poissons : les anchois, le hareng, le maquereau, les sardines, les crevettes, le saumon et la truite ;
  • les abats : le foie, le cœur, la cervelle, les rognons, le ris de veau, etc…
  • la viande et surtout les charcuteries ;
  • de rares végétaux, comme les légumes secs (pois, haricots secs), mais aussi les épinards, les asperges et l’oseille ;
  • l’alcool, et en particulier les vins blancs et rosés, ainsi que le champagne. Un verre de vin rouge au repas peut être toléré. Évitez aussi les bières, y compris sans alcool ;
  • les jus de fruits et les fruits secs ;
  • tous les produits contenant du fructose, et notamment ceux avec du sirop de maïs : 2 verres de sodas par jour augmentent votre risque de déclencher une goutte de 85 %[9] !

Ensuite, buvez régulièrement, c’est-à-dire au moins 10 fois par jour en petites quantités (plutôt qu’un demi-litre en une seule fois !) – et idéalement après avoir uriné.

Faites aussi des cures d’eau riche en bicarbonate, comme la Badoit, Vichy ou Saint-Yorre.

Si vous n’aimez pas les eaux gazeuses, remplacez par une 1/2 cuillère à café rase de bicarbonate de sodium alimentaire le matin et le soir dans un verre d’eau au cours du repas.

À noter que le café serait bénéfique, car il aiderait à éliminer l’acide urique[10].

L’autre axe, ce sont évidemment les remèdes naturels.

En cuisine, pensez au vinaigre de cidre qui a un effet très favorable sur l’acide urique : ajoutez-en dans vos vinaigrettes, ou prenez 1 c. à café une fois par jour, mélangé à un peu de miel à la fin du repas.

En homéopathie, URIC ACID 5CH sera tout indiqué à raison de 3 granules 2 fois par jour ou chez Lehning, ou encore URARTHONE, 1 c. à soupe matin et soir dans un verre d’eau 10 min avant les repas.

En phytothérapie, misez sur un combo drainant axé « rein » comme « Chiendent-pissenlit » (chez Phytomance par ex) : 2 gélules le matin et le midi.

En micronutrition, prenez de la vitamine C[11] qui a un effet bénéfique aussi, à raison de 500 mg/jour.

En gemmothérapie :

  • Matin : 50 gouttes + eau : Ribes nigrum (cassis) Bg. Mac. Glyc. 1D
  • Midi : 50 gouttes + eau : Betula pubescens (bouleau) Bg. Mac. Glyc. 1D
  • Soir : 50 gouttes + eau : Fraxinus excelsior (frêne) Bg. Mac. Glyc. 1D

Si c’est votre cas, perdre un peu de poids sera bénéfique à tout point de vue.

Voilà qui devrait déjà réguler un terrain un peu encrassé… pour éviter

La crise de goutte : enfin des solutions !

Si vous faites une crise soudaine, pas de panique ni de culpabilité non plus !

D’abord, on commence à mettre l’organisme au repos : optez pour une diète alimentaire assez stricte, de 3 jours, combinant soupe et/ou jus de légumes. 

Dans tous les cas, on évitera les aliments cités au-dessus, au risque de voir l’inflammation perdurer.

Alcalinisez en parallèle votre terrain soit avec du bicarbonate de sodium, soit du jus d’aloé véra pur (1 bouchon de 20 ml matin/midi et soir).

En homéopathie, URARTHONE pendant au moins 10 jours ou URICUM ACIDUM 5CH : 3 granules 3 fois par jour ou encore BERBERIS 5CH : 3 granules 3 fois par jour.

Contre la douleur, misez sur LEDUM PALUSTRE 5CH (si amélioré par le froid) ou BRYONIA 5CH, si la douleur est aggravée par le moindre mouvement.

Mais pour agir vite, rien ne vaut l’aromathérapie locale : associez gaulthérie, gingembre, romarin à camphre, genévrier et menthe poivrée. Diluez-les à 50 % dans de l’huile végétale d’arnica. Et massez la zone.

Dans tous les cas, évitez de prendre de l’aspirine car elle favorise précisément les dépôts des cristaux d’urate dans les articulations !

Pensez aussi aux cataplasmes : froids en cas de crise de goutte aiguë, chauds en cas de goutte chronique.

Et aussi à porter des chaussettes épaisses en hiver pour prévenir la crise de goutte, à faire régulièrement des bains de pieds à 37 °C maximum[12].

En complément, soulagez le travail des reins avec des plantes drainantes comme l’ortie, la reine-des-prés, le frêne et les feuilles de cassis.

Ajoutez si vous le souhaitez, du jus de bouleau, à raison d’une cuillère à soupe 3 fois par jour.

Dans tous les cas, si une crise de goutte peut spontanément disparaître après 5 à 10 jours sans traitement, elle peut endommager vos articulations et vos reins.

C’est pourquoi il est toujours intéressant de ne pas ignorer le phénomène « métabolique » sous-jacent pour éviter qu’elle ne revienne !

Bonne santé,

Catherine Lesage

PS : La crise de goutte ne doit pas être confondue avec une pseudogoutte, ou chondrocalcinose. Elle se présente comme une accumulation de cristaux de pyrophosphate de calcium, qui viennent se loger à l’intérieur même du cartilage – notamment au niveau des ligaments des articulations et souvent des deux côtés.

Même si un terrain encrassé et en acidose est souvent présent, il faut aussi rechercher une éventuelle anomalie de la thyroïde et du métabolisme du calcium. Dans tous les cas, les conseils indiqués dans cette lettre restent de bon aloi !

Sources :

[1] Personne souffrant de goutte
[2] « La goutte : maladie des rois et des bourgeois », site Lise Antunes Simoes (nutritionniste), consulté en 2025
[3] Hippocrate la désignait comme « l’arthrite du riche »
[4] « La goutte, un marqueur de réussite sociale », Sciences et Avenir, article numéro 28082
[5] Les femmes pré-ménopause sont partiellement préservées par des facteurs hormonaux
[6]  Les purines composent l’ADN et l’ARN (adénosine et guanosine), produites à 80% par le corps et à 20% via l’alimentation
[7] Les tophus peuvent apparaître sur divers orteils, doigts, coudes, tendon d’Achille et pavillon des oreilles
[8] « Goutte : ses poussées prédictives de crise cardiaque et d’AVC à court terme », Santelog (site d’actualités médicales)
[9] « Le fructose serait lié à un risque accru de goutte », APM News (Agence de Presse Médicale), article numéro 175501
[10] « La consommation de café diminue le risque de développer une goutte », APM News, article numéro 167485
[11] « Plantes et vitamine C pour soigner la goutte », Alternative Santé
[12] « Goutte et pseudogoutte », référence F331, format document technique, mai 2017

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