Votre lymphe est-elle « bouchée » ? Faites ce test et réactivez-la
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N°121·Florence Müller·
Vos jambes sont lourdes, votre immunité est en berne, votre peau est terne ? Tous ces maux pourraient être l’appel au secours de votre « réseau de l’ombre » : le système lymphatique, qui remplit chaque jour des fonctions essentielles pour votre organisme. Mais, souvent négligé, ce réseau « s’encrasse » et défaille… Heureusement, ces 4 leviers d’action et ces 6 plantes vous permettront de le (ré)activer rapidement, vous détoxifier, retrouver votre légèreté et booster votre immunité !
« J’ai peur d’avoir des jambes poteaux », me dit Sonia, lors de notre premier rendez-vous. « Ma mère était comme ça. J’ai les jambes gonflées et pleines d’eau, j’ai de la cellulite et je suis gonflée de partout. À tel point que j’ai la trace des coutures de mes vêtements imprimée sur la peau le soir ! » Après avoir échangé avec Sonia et écarté tout autre cause de rétention d’eau, comme une hypothyroïdie, une insuffisance hépatique, rénale ou cardiaque, il me sembla évident que le système lymphatique de Sonia fonctionnait au ralenti et était encrassé. « Mais c’est génétique non ? Puisque ma mère est pareille », me demanda-t-elle. Oui et non. Il est vrai que la qualité et la fonctionnalité du système lymphatique varient d’une personne à une autre et que certaines familles ont un système lymphatique moins performant. Toutefois, les mauvaises habitudes d’hygiène de vie se transmettent aussi au sein d’une même famille et ne font qu’aggraver une faiblesse héréditaire déjà présente. La génétique ne fait donc pas tout et j’insistai auprès de Sonia : connaître ses faiblesses est une force et une raison supplémentaire de prendre soin de son système lymphatique.
Le système lymphatique : votre réseau de l’ombre
Si le système sanguin est souvent présenté comme le grand transporteur de l’organisme, il ne travaille pas seul. Dans son ombre, un deuxième système, moins connu, mais tout aussi fondamental, l’accompagne : le système lymphatique. Ce dernier est un réseau composé de capillaires et vaisseaux lymphatiques présents dans tout l’organisme, à l’exception du système nerveux central, des os, des dents, de la moelle osseuse, de certaines parties de la rate et des cartilages. Ces capillaires lymphatiques, les plus fins du réseau, prennent naissance dans l’espace interstitiel entre les cellules et se chargent de liquide extracellulaire interstitiel.
L’autoroute secondaire des nutriments
C’est au sein de ce réseau que circule la lymphe : un liquide à la composition proche de celle du plasma sanguin, dans lequel on trouve de l’eau, des protéines échappées des vaisseaux sanguins, des électrolytes, comme le sodium ou le calcium, et des nutriments, notamment les acides gras issus de la digestion et absorbés au niveau de la muqueuse intestinale. L’une des premières fonctions du système lymphatique est justement le transport de nutriments : des lipides donc, mais aussi des vitamines liposolubles1 (A, D, E et K), des glucides et des acides aminés. La lymphe transporte également des hormones et des enzymes, essentielles au bon fonctionnement de l’organisme. Tous ces nutriments et éléments rejoignent ensuite la circulation sanguine au niveau des veines sous-clavières, là où la lymphe rejoint le sang.
5 fonctions primordiales
récupérer, transporter et réacheminer certains éléments essentiels ;
drainer l’excès de liquide interstitiel ;
collecter et préfiltrer les déchets cellulaires et substances toxiques ;
défendre l’organisme contre les agents pathogènes ;
maintenir l’homéostasie.
Collecter, réguler et détoxifier
Parallèle au système circulatoire sanguin, le système lymphatique est aussi chargé de recueillir le plasma sanguin qui s’échapperait de la circulation sanguine et de le drainer en le ramenant vers la circulation sanguine. Il régule donc la quantité de liquide dans le milieu interstitiel, évitant ainsi la formation d’œdèmes, tout en maintenant le volume sanguin et la pression sanguine. Enfin, il collecte des éléments essentiels, mais aussi des déchets issus de notre fonctionnement cellulaire ou des substances toxiques, préfiltrés par les ganglions lymphatiques, puis ramenés dans la circulation sanguine où ils seront pris en charge par le foie, pour ensuite être éliminés par les reins ou les intestins.
Les « sentinelles défensives » de votre organisme
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Enfin, le système lymphatique assure une autre grande fonction : la défense de l’organisme contre les éléments pathogènes. La lymphe transporte, en effet, un grand nombre de lymphocytes, macrophages et globules blancs, également très nombreux dans les quelque 600 ganglions lymphatiques que compte l’organisme. Ces derniers sont présents en quantité importante au niveau des aisselles, de l’aine ou du cou et leur rôle est d’épurer la lymphe avant qu’elle ne rejoigne le système sanguin. Ainsi, toutes les substances étrangères (bactéries, virus, débris cellulaires, cellules anormales) qui y sont emprisonnées sont détruites par les lymphocytes et macrophages présents dans ces ganglions.
Le système lymphatique est donc un réseau de sentinelles défensives et fait partie intégrante de notre système immunitaire, nous protégeant des infections. Lorsqu’il y a une infection, ces ganglions gonflent et deviennent facilement palpables, voire douloureux.
5 signes que votre système fonctionne au ralenti
Chez Sonia, pas de doute. Les jambes gonflées, la cellulite et la rétention d’eau généralisée sont des signes d’un système lymphatique défaillant. Voyons si elle, ou vous, avez d’autres symptômes. Car un système lymphatique au ralenti peut aussi se manifester par :
une congestion des sinus et des voies respiratoires, avec sécrétion excessive de mucus ;
des infections légères, mais récurrentes, surtout au niveau ORL ;
des problèmes cutanés (boutons, irritations, eczéma, psoriasis, etc.) ;
une cicatrisation lente ;
des ganglions gonflés et durs.
Cellules, toxines et immunité : le cercle vicieux
Au-delà de ces manifestations, il faut surtout bien garder à l’esprit que si le système lymphatique fonctionne au ralenti, les nutriments, enzymes et hormones qu’il transporte arrivent moins vite jusqu’aux cellules, perturbant ainsi leur bon fonctionnement. Par ailleurs, si les liquides corporels sont moins bien drainés, les déchets le sont aussi et s’accumulent dans les tissus, générant une surcharge de toxines, ce que nous appelons en naturopathie « toxémie », nuisible à la santé. Enfin, le système immunitaire est moins efficace, ce qui nous rend plus sensible aux infections, mais aussi au développement de maladies plus graves, comme le cancer.
Sonia me confirma qu’elle avait beaucoup d’écoulements dans la gorge et le nez et qu’elle avait souvent des boutons ou des rougeurs sur le visage. Même si elle ne présentait aucun autre signe, elle avait bien compris qu’il était urgent de réactiver son système lymphatique pour rester en bonne santé.
5 leviers pour (ré)activer votre système lymphatique
Le programme que j’ai proposé à Sonia peut se résumer ainsi : bien manger et boire, bouger, respirer, masser et soutenir.
1. Mangez ce qui plaît à votre lymphe (et buvez)
L’une des raisons pour lesquelles la lymphe peut mal circuler est qu’elle est trop épaisse et encrassée par trop de déchets, notamment ceux issus de la digestion. L’alimentation joue donc un rôle déterminant.
Pour une lymphe fluide et active, évitez :
les céréales riches en amidons, en excès ;
les sucres raffinés ;
les produits ultra-transformés et industriels ;
les acides gras saturés et trans (viandes grasses, charcuterie, fromages et produits industriels).
À l’inverse, privilégiez :
les légumes et fruits, frais et biologiques ;
les protéines de qualité (viandes blanches, poissons blancs, petits poissons gras, comme les sardines ou maquereaux, œufs), essentielles pour maintenir le plasma à l’intérieur des vaisseaux sanguins et donc réduire les fuites vers le tissu interstitiel ;
des quantités modérées de céréales complètes ;
les oléagineux ;
l’huile d’olive et les huiles végétales riches en oméga-3 (colza, noix).
Enfin, la lymphe n’apprécie guère la déshydratation, rappelez-vous qu’elle est majoritairement constituée d’eau, il faut donc boire suffisamment : 1 à 2 l d’eau/jour.
2. Bougez tous les jours
La lymphe circule lentement et ne peut compter que sur les mouvements du corps lui-même pour circuler. Chaque mouvement, associé à des contractions musculaires, exerce une pression sur les vaisseaux lymphatiques et favorise sa circulation. Ces vaisseaux profitent aussi des pulsations des artères sanguines voisines, ce qui veut dire que plus la circulation sanguine est stimulée, plus celle de la lymphe le sera. L’activité physique régulière est donc fondamentale pour le système lymphatique.
30 minutes de marche par jour et 5 exercices
Sonia est très sédentaire, se déplace en voiture, travaille assise toute la journée et n’aime pas le sport. C’est l’une des principales causes de l’encrassement de son système lymphatique et de l’œdème associé. Mon premier conseil fut donc de pratiquer la marche : au moins 30 min/jour et des marches plus longues le week-end. Le vélo est aussi un très bon moyen pour stimuler le retour veineux et lymphatique et drainer la lymphe dans la partie basse du corps.
Votre huile de massage anti-jambes lourdes
Recette : 2 gouttes d’HE de cyprès et 2 gouttes d’HE de lentisque pistachier dans une c. à c. d’huile de calophylle, 1 fois/jour pendant 20 jours, avec une pause de 10 jours entre deux cures.
Contre-indications2 : femme enceinte et allaitante, enfant, personne asthmatique ou épileptique, fibrome, mastose, cancers hormono-dépendants.
Mais je lui ai aussi conseillé ces petits exercices au quotidien, à faire en respirant profondément et après une longue période d’immobilité :
se lever de sa chaise de travail toutes les heures et faire quelques pas ;
en position debout, monter 10 fois sur la pointe des pieds, puis faire semblant de s’asseoir sur sa chaise (sans poser les fesses) et revenir en position debout (squat) – 5 fois ;
pivoter sa taille de la droite vers la gauche et inversement – 10 fois ;
faire de grands cercles avec les bras, vers l’avant puis l’arrière – 5 fois dans chaque sens ;
faire des cercles avec la tête – 5 fois dans chaque sens.
Cet enchaînement de mouvements permet de stimuler la circulation de la lymphe, du bas vers le haut du corps, en des points stratégiques : jambes, bassin, abdomen, épaules et cou.
3. Respirez (mais avec votre abdomen)
L’un des grands bénéfices de l’activité physique est d’augmenter la fréquence respiratoire, ce qui est aussi très important pour la circulation lymphatique, car chaque respiration crée des différences de pression entre la région thoracique et la région abdominale, favorisant la circulation de la lymphe, comme si elle était aspirée vers le haut du corps.
En plus de l’activité physique, j’ai donc recommandé à Sonia d’être attentive à sa respiration. Comme la plupart des gens, Sonia a une respiration haute (thoracique) et donc incomplète. Dans ce cas, l’effet pompe exercé par le diaphragme sur le canal lymphatique thoracique n’est pas optimal. Pour pratiquer une respiration abdominale profonde, je lui ai conseillé de pratiquer chaque jour des séances de respiration complète, notamment grâce à la cohérence cardiaque – plusieurs applications en ligne aident à caler son rythme de respiration : 5 sec. d’inspiration et d’expiration à chaque respiration, pendant 5 min. Cela l’aidera aussi à mieux gérer son stress, lequel ralentit la circulation lymphatique et affaiblit le système immunitaire3.
4. Brossez et massez
Pour stimuler la circulation lymphatique, j’ai proposé à Sonia deux techniques manuelles, faciles à pratiquer soi-même : le brossage à sec et le massage.
Technique 1 : le coup de brosse stimulant
Le brossage à sec de tout le corps consiste à brosser la peau sans eau ni aucun autre produit cosmétique avec une brosse, aux poils ni trop doux ni trop durs et si possible en fibres naturelles. Cela stimule le derme de la peau, le système sanguin et le système lymphatique, favorisant ainsi le drainage de la lymphe et avec elle l’élimination des toxines.
L’idéal est de pratiquer le brossage à sec une fois par jour, matin ou soir avant la douche, en réalisant des mouvements circulaires, ni trop fermes ni trop légers et toujours du bas vers le haut, en direction des principaux ganglions lymphatiques (aines, aisselles, cou). Pour terminer, rincez à l’eau tiède, ou mieux froide, pour stimuler encore plus le retour sanguin et lymphatique. Pas besoin de savon, la peau est propre après un tel brossage !
Contre-indications : peaux abîmées et irritées ; chez la femme enceinte, on évitera de brosser le ventre.
Technique 2 : le massage aux huiles
Le massage, avec ou sans huiles essentielles (HE), se fait idéalement après le brossage à sec et le rinçage, toujours du bas vers le haut du corps. J’ai conseillé à Sonia d’utiliser une huile végétale circulatoire, comme l’huile de calophylle inophyle (Calophyllum inophyllum), à la fois tonique circulatoire et drainante lymphatique. Pour les jambes, elle pourra ajouter ces huiles essentielles, efficaces contre les œdèmes et la sensation de lourdeur :
l’HE de cyprès de Provence (Cupressus sempervirens), tonifiante et décongestionnante des parois vasculaires sanguines et lymphatiques ;
l’HE de lentisque pistachier (Pistacia lentiscus), décongestionnante lymphatique par excellence, grâce à son action vasoconstrictrice et à sa capacité à résorber les œdèmes.
5. Soutenez avec ces 4 plantes
Pour activer et soutenir le système lymphatique, rien ne vaut l’hygiène de vie. Mais pour soulager son système lymphatique surchargé, j’ai proposé à Sonia une cure de deux plantes tonifiantes et stimulantes du système lymphatique :
le gaillet grateron (Galium aparine), ce tonique lymphatique améliore la circulation de la lymphe et peut être utilisé en cas d’œdèmes ou d’infection, lorsque les ganglions sont enflés ;
le mélilot (Melilotus officinalis), anti-œdémateux, il stimule la circulation lymphatique, notamment au niveau du canal thoracique, qui draine une grande partie de la lymphe dans notre corps.
Sonia prendra 30 gouttes de teinture mère de chaque plante fraîche, 2 fois/jour pendant 3 semaines, avec une pause d’une semaine et une nouvelle cure de 3 semaines, à raison de 30 gouttes de chaque 1 fois/jour.
Contre-indications : cancer, anticoagulants, diabète, insuffisance cardiaque ou rénale.
Gemmothérapie : 2 macérats en synergie
Pour créer une belle synergie, j’y ai associé deux macérats de bourgeons :
le sorbier (Sorbus domestica), qui a une action lymphatique profonde et est le remède de toutes les pathologies lymphatiques, des jambes lourdes aux œdèmes post-opératoires ou consécutifs à la radiothérapie ;
le châtaignier (Castanea sativa), excellent draineur lymphatique.
Sonia ajoutera 5 gouttes de chaque macérat à chaque prise de teinture mère, en respectant la même durée de cure.
Florence Müller est naturopathe en région parisienne. Diplômée de l’Isupnat, elle axe particulièrement sa pratique sur l’alimentation (nutrithérapie), la gestion du stress et l’utilisation des plantes.